mardi 13 mai 2014

Les passions suspectes d'Olivier Bianchi, maire de Clermont-Ferrand

Une expression dit je crois : Le diable est dans les détails. Olivier Bianchi, nouveau maire de Clermont-Ferrand, a livré à Zap, magazine publicitaire gratuit bien connu dans l’agglomération, ses "essentiels". C'est un petit jeu bien codifié, on montre des objets qui évoquent la personnalité, mais les objets sélectionnés par Olivier Bianchi sont un peu étonnants, décevants, et même inquiétants pour une personnalité de son rang.

D'abord, l'écharpe de maire, c'est un peu facile, s'agissant d'un maire récemment élu, on dira que ça manque au moins un peu de recherche et rappelle inutilement son rang. Ensuite une figurine représentant Obélix, le personnage de BD bien connu, avec ce commentaire "mon animal totem" Remarquons au passage qu'Obélix n'est pas un animal. Certes, on comprend qu'Olivier Bianchi, étant quelque peu corpulent, s'identifie à ce personnage. Le problème c'est qu'Obélix est une brute sans cervelle, qui frappe d'abord et réfléchit ensuite : voilà un totem bien inquiétant pour un maire supposé "ouvert et de progrès".
Ensuite vient le téléphone portable, mais pas n'importe lequel : un "B***" "pour tweeter et rester connecté" commente le politicien. Bon, on voit mal un homme public se passer de portable, mais justement, n'est-ce pas là un objet un peu trop attendu? et puis on aurait pu éviter de citer une marque.
Puis Bianchi a choisi un stylo, "pour les centaines de signatures". Nouveau manque d'originalité - qui n'a pas un stylo? On dira que c'est un signe de simplicité et on le félicitera cette fois de ne pas avoir cité de marque.
Vient ensuite la pipe, "un vice" commente-t-il. Franchement, sans parler de la vulgaire connotation sexuelle de cet objet, en tant que représentant du peuple, il aurait pu jeter un voile pudique sur ce "vice" qui coûte la vie à 60 000 personnes chaque année dans notre pays, ou mieux peut-être, y renoncer. Mais ce n'est pas le dernier, malheureusement.

un atlantiste va-t-en-guerre
Vient ensuite un film intitulé "The Civil War" de Ken Burns. L'homme s'intéresse à l'histoire, c'est bien, mais le mot "war" apparaissant sur la photo en gros au dessus d'un militaire américain évoque un atlantiste va-t-en-guerre... mauvaise impression. D'autant que la photo suivante représente "Mes wargames" deux jeux vidéos stratégiques, certes, mais bien deux jeux de guerre, en anglais bien sûr : "Napoleonic Battles" avec ce commentaire désastreux : "Mon jardin secret. Pour me détendre au sein des clubs Américains et Français sur internet. Une petite famille de wargamers : 500 personnes dans le monde." Notre maire, non content d'avoir pour totem une brute de guerrier Gaulois, de regarder des films de guerre, a pour "jardin secret" un jeu vidéo de guerre, élitiste de surcroit (500 personnes, un nombre qui renvoie malencontreusement aux 500 familles privilégiées auxquelles la gauche, quand elle était encore la gauche, voulait arracher ses privilèges pour les rendre au peuple ) et là encore les joueurs avec qui il partage à distance cette funeste passion sont américains!
L'objet final est un nécessaire à Ti Punch une simple planche en matière indéterminée avec dessus un citron vert et un couteau. On finit sur une note désastreuse, laissant supposer que le maire s'adonne régulièrement à la boisson, et le couteau pointu en bas à droite, position statégique s'il en est, parachève l'impression d'avoir affaire à une personne agressive.

Je suppose que M. Bianchi a des conseillers en communication. Si le but de ce petit article était de le faire passer pour une grosse brute sans cervelle, admirateur inconditionnel des États-Unis et passionné par la guerre, l'alcool et le tabac, c'est parfaitement réussi.

vendredi 9 mai 2014

Podcast, podcasting et autres raretés.

Depuis quelques temps déjà je suis étonné d'entendre à la radio, surtout sur France Culture d'ailleurs, ce mot bizarre que les médias nous imposent parmi tant d'autres : podcast, avec son dérivé podcasting. C'est un des mots les plus barbares qui soient, y compris dans la langue de Shakespeare.

Il a été formé à partir de "i-pod" "baladeur" et de broadcast "émission". Notons d'abord qu'en perdant son "broad", "cast" ne veut plus rien dire du tout, ou veut dire n'importe quoi, ce qui revient au même. Quant à I-pod, c'est un mot absolument abscons sorti de l'imagination délirante de quelque génie de la publicité de la société d'informatique "Apple" désignant ces petits appareils qui permettent d'écouter de la musique partout où l'on se trouve, moyennant une batterie et des écouteurs en état de fonctionnement. Autrefois, on appelait ça un walkman mot assez crétin aussi et d'ailleurs complètement sorti de l'usage. On avait trouvé pour le remplacer un terme français, baladeur, qui valait ce qu'il valait. Walkman comme baladeur avaient tout de même un avantage, celui d'avoir un vague sens, et de ne pas renvoyer à une marque commerciale... i pod ne signifie rien, et appartient à la société Apple! Pod, veut dire "vaisseau" en anglais, on voit mal le rapport avec le baladeur en question... 

Un podcast, en français, ce serait donc une "émission destinée aux baladeurs (de chez "Apple"?)". Les autorités de la langue du Canada ont d'ailleurs inventé le mot "baladodiffusion": ils se fatiguent bien pour pas grand chose. Car en pratique, un "podcast" n'est ni plus ni moins qu'un fichier informatique qu'on peut télécharger sur le site de telle ou telle émission. Le mot n'a aucune utilité, et la chose qu'il désigne non plus : une fois téléchargé, le fichier-son peut être écouté sur n'importe quel support, et pas seulement sur un "i pod". Ah, j'oubliais, on peut "s'abonner au podcast" c'est à dire se faire envoyer l'émission sur le support de son choix. Si j'ai bien compris! car personne n'explique jamais rien, vous êtes toujours censé être au courant des dernières inventions et expressions farfelues dont les sociétés à but très lucratif font la promotion.

Que France Culture fasse elle-même cette promotion, en utilisant un mot d'origine anglaise atroce, et évoquant une marque commerciale, et de plus complètement inutile est tout de même surprenant.
Et qu'on n'aille pas me raconter que ce mot est entré dans l'usage, personne ne sait ce qu'il signifie!