vendredi 1 mars 2013

Le monde selon Woerth


Oropin, ou RTL, 8 heures et quelques. M. Woerth, interrogé par M. Elkabbach… deux z-aussi dangereux gauchistes à une telle heure matinale, je tends l’oreille. Il y a quelques temps déjà que je me désintéresse du combat politique et que j’ai renoncé à mon billet d’humeur sur le net. Je reconnais que pour celui-ci, je n’ai pas pris de notes…

On en est à la question des retraites… Pour M. Woerth, il n’y a pas de problème. Alors que lui et ses amis étaient au pouvoir, on a « cassé le tabou des 60 ans », on en est à 62 ans, eh bien, il faut passer à 63, 64 (etc. etc.)… ça se fait à l’étranger. Tiens, à propos, mes voisins ont une piscine et des volets roulants automatiques. Il faudra que je pense à installer ça chez moi. M. Elkabbach (quel courage !) ose envisager du bout des lèvres une autre solution « augmenter… euh… les cotisat… » Pensez-vous ! Il faut reculer l’âge du départ en retraite. C’est si simple.

M. Woerth lui-même est prêt à nous répéter ça jusqu’à cent ans passés, s’il ne perd pas la boule avant.  M. Woerth est à l’abri des atteintes de l’âge et les affaires, comme l’affaire Woerth-Bettencourt, ne parviennent pas à le salir ni à l’éloigner des responsabilités politiques. Il est incrottable, si je peux me permettre ce néologisme… reconnaissons que les préconisations de M. Woerth concernant les retraites ne sont pourtant nullement incompatibles avec les intérêts de Mme Bettencourt, entre autres. Si j’avais été M. Elkabbach (que j’en sois préservé !) j’aurais pu demander à M. Woerth comment on allait résoudre, en éloignant l’âge de la retraite, le problème de toutes ces personnes âgées sans emploi… Mais M. Worth aurait alors répondu qu’il suffisait de demander gentiment au patronat de conserver un peu plus longtemps ses employés en échange de facilités pour le licenciement et autres baisses de charges. Je peux presque, en écrivant ces lignes, entendre la voix chaude et profonde de l’ancien ministre et je peux même imaginer son sourire, ce qui a le don de me glacer le sang.

Bon pour les retraites, c’est réglé… M. Elkabbach interroge son invité si distingué sur un autre problème : l’augmentation prévisible de la taxe sur le diesel, vu que l’effet nocif du diesel est condamné par de nombreuses études. Tout à l’heure, au sujet des retraites, M. Hollande était « rattrapé par la réalité » : en reculant l’âge de la retraite, il ne faisait que suivre une loi de la nature. Pour ce qui est du prix du diesel, augmenter les taxes pour les mettre au niveau de l’essence (qui, on vous le rappelle est moins mauvaise pour la santé) ce serait, c’est « une trahison ». Car M. Hollande, à en croire M. Woerth, avait promis de ne pas augmenter les impôts et en augmentant les taxes sur le diesel, eh bien voilà, ça s’appelle augmenter les impôts. Inutile d’interroger M. Woerth sur la nocivité du diesel, il s’en tape presque autant que de sa dernière convocation au tribunal. Ce genre de décision ne peut qu’être une concession politicienne aux « verts », ces fanatiques fou-furieux prêts à baisser leur consommation pour éviter un cancer qu’ils n’auront peut-être jamais (si ça se trouve).

Honnêtement, je dois reconnaître qu’à ce moment précis j’ai coupé la radio.

dimanche 3 février 2013

Pétrole ech'gé

Alors voilà, Paris Saint Germain  a redoré son blason, après une victoire plus que douteuse contre Lille, l'équipe du Qatar a corrigé Toulouse Football Club.

Cette fois, la machine est lancée... les journalistes vont nous en faire bouffer de la satisfaction chauvine, cocardière; on est pas à Cloche-merle, là, on est à Paris, la Câpitâle, l'île de la Cité, les cloches de Nôtre-Dame et surtout le Pé-èch-gé. Il faut dire que le PSG, ce n'est plus une équipe miteuse à la Française, elle ressemble de plus en plus à l'équipe de Madrid ou de Manchester, sélection des meilleurs joueurs sur le marché. Les joueurs, ces mercenaires, à ce qu'on raconte, ont un salaire mensuel de 4, 5, 600 000€. L'argent vient du Qatar, un endroit où pourtant rien ne pousse, sauf les cailloux!

Vous allez dire, il est idiot ce type, il ne sait pas que l'émirat du Qatar est un des plus grands producteurs de pétrole et surtout de gaz au monde? Ouais, eh bien, essayez de bouffer du pétrole : c'est dégueulasse. L'argent du Qatar, c'est le nôtre. Nous, nous avons un des pays les mieux lotis en ce qui concerne l'agriculture, ça pourrait être le paradis, mais l'agriculture, on s'en contre-fout. Trop dur de travailler la terre, on préfère acheter du pétrole au Qatar, grossir comme des porcs ou soulever de la fonte dans des salles de sport puantes et baver devant  le Pé-èch-gé (notre équipe tu parles!) (que c'est beau! ces joueurs si talentueux, pas dopés du tout, venus de tous les coins d'Europe, d'Afrique, d’Amérique du Sud rassemblés dans notre belle capitale à grand renfort de pétrodollars!)

Pendant ce temps, la France, on la couvre allègrement de bitume, ce bitume même qu'on achète aux émirs, la belle capitale étend son béton sur les plus belles terres agricoles du pays, on bombarde la terre d'engrais (à base de pétrole, entre autres, du Qatar) à tel point qu'elle en devient peu à peu stérile. On construit des routes, on se saigne pour acheter des bagnoles, on paie le pétrole, et on se déplace comme des cons. Les habitants de Toulouse vont travailler à Montauban, ceux de Montauban vont travailler à Brive, ceux de Brive à Clermont-Ferrand, ceux de Clermont-Ferrand à Saint-Etienne, ceux de Saint-Etienne à Lyon, etc. Ils appellent ça la mobilité, moi j'appelle ça, au mieux, le gaspillage organisé, au pire la connerie à l'état pur, sous forme de bâton à se carrer où je pense, si vous me passez l'expression.

Et pendant qu'on est dans nos bagnoles à écouter les résultats du foot en s'empoisonnant lentement aux gaz d'échappement, les émirs du Qatar comptent les ronds. Ah! Ce qu'on est cons!