jeudi 26 avril 2012

La croissance, oui, mais comment?


M. Hollande veut de la croissance, M. Sarkozy devait aller la chercher « avec les dents » et la cherche toujours ; côté Europe on la réclame à cors et à cris. Parce que c’est la crise, et le seul remède à la crise c’est la croissance.
Ça, c’est le discours des économistes, mais en pratique, depuis les années quatre-vingt, de la croissance, on en a eu et malgré ça le chômage a augmenté. Il faut croire que ce n’est pas la solution. A moins bien sûr que la croissance n’ait pas été suffisante pour résorber le chômage ? Mais combien faut-il de croissance alors pour résorber cette plaie ? Soit dit en passant, quand on écoute nos candidats, qu’on voit l’action des gouvernements de droite et de gauche, on n’a pas l’impression que ça soit vraiment un problème, le chômage.
Mais admettons que la croissance soit le remède, on imagine que pour relancer la croissance, il faut relancer la consommation…  encore plus de bagnoles, de "quads", de yachts, d’avions de tourisme, que sais-je ? Ouais, mais alors quid de l’environnement? On ne va pas rajouter encore du béton et du goudron, si? Et le réchauffement climatique? Et puis si on doit bouffer plus, vu qu’on est tous plus ou moins obèses …
C’est fou, même en Afrique noire maintenant il y a des obèses, et on raconte que dans certains coins la première source est à dix kilomètres, mais la première canette de coca est à cent mètres ! Et il y a des Africains qui fument la Marlboro alors que leur famille n’a pas de quoi becqueter… vous le croyez, vous ?
M’enfin admettons, faut de la croissance… mais il n’est pas question d’augmenter les salaires… On a un pacte de stabilité intangible (alors que pour l’environnement, c’est assez élastique : on ne s’alarme pas trop pour les risques de contamination radioactive ou pour les pics de pollution !).
Faut de la croissance, mais le préalable à la croissance, c’est la suppression des impôts, donc des services publics : les petits salaires pourront se brosser pour ce qui est de l’éducation de la santé, et c. (et pas question d’augmenter les salaires, quoiqu’en promette le candidat Hollande : l’Europe nous le défend, et elle a raison, faut préserver la sacro-sainte stabilité monétaire qui garantit le capital. Tout le monde peut comprendre qu’en cas d’inflation, la monnaie perd de sa valeur et le capital s’effondre….) Pas d’augmentation de salaire donc les ouvriers resteront pauvres, diminution du nombre des fonctionnaires, donc les fonctionnaires vont s’appauvrir (en tout cas ceux qui auraient dû le devenir) quand aux chômeurs, supposés fainéants, on ira mollo sur les indemnités, bref, d’où va bien pouvoir venir la croissance dans ces conditions ?
Tout se passe comme si nos chefs et dirigeants réclamaient du ciel la croissance, mais se débrouillaient pour qu’elle ne vienne surtout pas. D’abord, nos dirigeants aiment l’ambiance de crise… avec la Grèce et ses fonctionnaires en dessous du RSA, on la ramène moins côté syndicats. Et puis une bonne crise, ça permet de supprimer le coût de fonctionnement de la société : ben oui, c’est la crise, on diminue les dépenses, du coup on diminue aussi les impôts. Ceux qui en payaient beaucoup peuvent donc acheter encore plus de yachts, quand à ceux qui n’en payaient pas, pour la bonne raison qu’ils n’ont rien, eh bien, pour eux, c’est toujours la même merde, en pire, puisque les services publics qui, à eux, leur servaient bien (va mettre ton gosse dans le privé quand tu n’as pas un rond !) n’existent plus.