mardi 6 décembre 2011

Décroissance

Peut-être une vie plus simple permettrait-elle de mieux gérer les fins de mois (par exemple en évitant de cumuler un abonnement à des chaines de télé, au téléphone portable, à internet, l'achat une voiture neuve, un week-end à l’étranger, un prêt à la consommation, et c)

La croissance des besoins est une caractéristique de notre société, le “mode de vie (jugé) digne” en devient chaque année plus coûteux. C’est pourquoi notre société a besoin de décroissance.

Il faut comprendre que l’accumulation de biens de consommation non seulement n’apporte pas le bonheur, mais engendre une continuelle frustration.

vendredi 18 novembre 2011

Confession impudique, les Découvertes d'Eric Laurrent

Le dixième roman d’Eric Laurent, Les Découvertes est à ranger à part dans sa production.
Au fil des ouvrages on avait vu se construire et s’imposer un auteur froid et distancié. On lui savait gré de si bien polir des phrases interminables, on admirait qu’il ménage(ât) des effets savants, on ne pouvait que goûter le sens de l’humour subtil dont il faisait preuve, maniant la dérision et l’ironie de manière à ce que le lecteur bénévole puisse comprendre que, sans doute, on avait affaire à un maître de la prose, mais que malgré l’immensité de son talent il ne se prenait pas au sérieux.
Seulement, comme disait une bonne critique d’art de mes amies, « au niveau dramatique, c’est nul !» Ce handicap rédhibitoire « – il n’y a pas d’histoire ! » cette froideur hautaine, cette prétention l’éloignait de la plèbe presque aussi surement que sa faculté à utiliser à bon escient l’imparfait du subjonctif.
Mais que l’on ne s’y trompe pas, si Eric Laurrent est un disciple incorruptible de Flaubert, dont il ressasse la gageure du roman sans sujet, s’il a adopté la phrase de Proust, seule susceptible de faire renaître le temps perdu, il n’en demeure pas moins issu de cette populace, celle-là même qui n’entrave que dalle aux circonvolutions de sa préciosité.
C’est ce que montre utilement la nouvelle œuvre de Laurrent. Nous avons affaire à une curieuse volte-face, notre auteur éthéré décidant de se consacrer à un exercice plus rebattu, celui de la collection de souvenirs d’enfance, celui du roman d’initiation avec la larme attendrie sur un passé non seulement banal, mais encore provincial. (Encore faut-il préciser que ce changement était nettement annoncé par le récit A la Fin, où Laurrent narrait son retour sur un passé relativement lointain à l’occasion du décès de sa grand-mère, qui lui donnait l’occasion de se rappeler qu’il n’était pas seulement un auteur parisien très classe à chemise blanche et à barbe de trois jours, mais qu’il provenait d’une obscure bourgade de la banlieue de Clermont-Ferrand rebaptisée Courbourg, ce dont à la lecture de ses œuvres on eut pu grandement douter)
On me dira, ce genre du roman initiatique en est un parmi d’autres, or Laurrent a systématiquement revisité, à sa petite main, avec ses moyens moyens, toutes les catégories que la littérature a fait naître au cours de sa longue histoire. Disons que ce genre nous convient, à nous autres lecteurs, et que jusqu’alors, notre héros a certes fourbi des outils magnifiques, des strophes fuselées, des périodes ronflants, citant longuement hors les bulles les dires logorrhéiques du héros de Greg, mais que sous la robe étincelante, la mariée était étique, on pouvait lui compter les côtes.
Ici on a de la matière, et quelle matière ! A l’attendrissement enfantin qu’appelle l’épopée initiatique, Laurrent répond – en accord avec lui-même - par une confession impudique. Sans quitter d’un pas la phrase prou ou peu proustienne, plus que jamais adaptée à l’exercice en cours, rappel de souvenirs et mise au jour de l’archéologie personnelle qui l’a conduit à se voir en littérateur plutôt qu’en suppléant d’un collège bas-auvergnat, Laurrent se livre à ce que Leiris appelait la littérature tauromachique, qui consiste pour l’écrivain à se présenter dans l’arène des lettres en tenue de lumière, face à un public taurin devant lequel il agite la cape rouge de ses provocations.
Tout petit déjà, Laurrent était un obsédé sexuel. Comme nous tous, diront certains, à l'image du Petit Spirou, mais lui le dit et puis le prouve hautement. On pourrait affirmer qu’il l’est resté, puisqu’il confie au public ce que beaucoup n’ont pas osé ou jugé utile d’informer même le partenaire habituel de turpitudes parfois bien plus salaces. Aucune atrocité ne retient d'ailleurs l’attention du lecteur, mais la précision des faits rapportés ressemble fort au bris, au son des trompettes, d’un tabou, de l’absent de tout roman de bon aloi, à savoir la vie sexuelle de qui n’en a pas encore… Certes Freud nous a appris que l’enfant est un pervers polymorphe, mais Laurrent, lui, en fouillant les souvenirs antérieurs à la carrière de play-boy international qu’il a parcouru par la suite, ainsi qu’il nous l’explique complaisamment, nous montre ce qu’il en est sur le plan pratique.
Certains diront : rien ne nous est épargné ! depuis le premier émoi à l’école maternelle, la peinture de David dans le grand dictionnaire, des starlettes apparaissant à la télévision, puis la photo de cinéma d’Emmanuelle, annonciatrice d’une pornographie triomphante alors à son balbutiement, et la recherche active de revues suggestives dont Penthouse, qui ne peut que rappeler d’excellents honteux souvenirs à ceux qui naquirent aux alentours de 1966, et la plongée en piscine entre les baigneuses en deux-pièces, et même le premier orgasme – solitaire, évidemment! qui, pour les besoins d’une vocation se devant d’être impérieuse, est concomitant à la première œuvre littéraire. ..
L’auteur partage l’opinion émise par Woody Allen selon laquelle les femmes sont Dieu (voir Deconstructing Harry ) on le comprend par le rapprochement hérétique qu’il établit entre l’étymologie du nom Emmanuelle («Dieu est avec nous» en Hébreu) et Dieu lui même, ajoutant à ce blasphème la constatation qu’en Kristel on voit le christ – mais il se garde d’ajouter que Sylvia est une habitante de la forêt, une exclue du champ de la culture. (Notons pour rester sur Allen, que Laurrent est une incarnation certes approximative du personnage de Harry Block, lui-même écrivain et fasciné maladivement par les femmes.)
Les efforts de Laurrent pour ramener ce qui semble quelque peu sauvage dans le champ de la culture sont intéressants. Ainsi l’attirance pour le sexe opposé devient découverte de la beauté. Laurrent tente d’annexer de nouvelles terres à la vraie littérature, je veux dire autre que pornographique, laquelle au demeurant ne se satisfait aucunement d'aussi grêles émoi, d’autres plus savants diront s’il a réussi. Sade y fit venir la cruauté gratuite, Masoch l’amour de qui vous maltraite, Laurrent chante le désir sexuel prenant peu à peu conscience de lui-même et même l’activité masturbatoire juvénile, (à la manière d'un Dali se représentant Grand Masturbateur ou du Truffaut des Quatre Cent coups), thème généralement soigneusement occulté au bénéfice d’aventures sentimentales à deux qui souvent ne vont « guère plus loin que le bout de [leur] lit ». Le récit s’arrête avec la première "vraie" relation amoureuse (ou faut-il dire sexuelle ?) qui est à la fois l’épanouissement du thème, la résolution du conte (que la laideur vraie ou supposée de l’auteur lui faisait repousser sans cesse, approfondissant du même coup le sujet du roman) et pourtant, dans un sens, pour ainsi dire, une partie hors sujet du roman…
L'arrière plan si l'on veut de cette dérisoire épopée sexuelle, c'est comme on l'a vu le paysage clermontois précisément rendu, par petites touches apparaissant ça et là, avec l'évocation des lieux communs de la ville, le jardin Lecoq, la place de Jaude et son cinéma L'étoile (en fait Le Capitole) et même le café Le Régent cher également à quelques étudiants (en lettres, on s'en doute). Hommage à une ville, et aussi à un milieu, d'artisans d'origine Italienne dont un grand-père Italo-Auvergnat auquel une longue note rend hommage, qu'au fond l'auteur a semblablement trahis en devenant écrivain parisien. Comme le vilain canard devenu cygne, dans sa parure blanche, il tâche de rehausser ceux dont il est issu, ou du moins de ne pas les renier .

Mais déjà l'attraction Parisienne pointe, à l'occasion des grèves de 1986 contre les lois Devaquet, l'auteur monte manifester en compagnie de sa future conquête, mais délaisse les cortèges pour dévaliser quelques librairies et autre disquaires, en attendant de s'installer définitivement dans la capitale et de publier une première œuvre aux réputées Éditions de Minuit.
Aux dernières nouvelles, notre auteur vient de recevoir le prix Wepler. 10 000 € , c’est toujours ça, pour un obligé de travailler, comme il le signale également par une note où il apparaît semblable à l'employé de bureau nazebroke de Coup de Foudre. On souhaite que l’auteur use avec parcimonie de ses nouveaux revenus, et prenne le temps de nous concocter d’autres ouvrages de cette sorte.

Les Découvertes Eric Laurrent, éditions de Minuit. 2011

mercredi 16 novembre 2011

Le président de la carence


Avec l’instauration d’un quatrième jour de « carence » les congés maladie ressemblent à s’y méprendre à des congés sans solde
Mais comme dit ma voisine qui est toujours en pleine forme: « il y a eu trop d’abus ! » Et c’est vrai que les travailleurs n’ont pas le droit d’être malades, c’est un luxe réservé aux enfants, aux chômeurs, aux rentiers et aux retraités. Et puis, pour sauvegarder le principal, l'assurance maladie, ne faut-il pas renoncer au superflu, les indemnités?
Avec un temps de retard les fonctionnaires sont enfin à leur tour mis à contribution. Un seul jour pour eux, quatre pour les autres, c’est un peu deux poids deux mesures, mais ne faut-il pas diviser pour régner?
Et notre président règne, tyran de pacotille distribuant les taloches aux pauvres et les complaisances aux industriels dont, par exemple, Sanofi-Aventis, dont les bénéfices nets ont été de 8,4 milliards d’euros pour l’année 2009 et 9,215 milliards d'euros pour 2010.
Mais bien entendu, c'est de l'argent privé, qui n’a strictement rien à voir avec le déficit de la sécurité sociale.

mardi 15 novembre 2011

Intensification de la lutte contre le péché de paresse

Une fois de plus M. Sarkozy s’attaque à la principale (et peut-être bien la seule) plaie de notre pays : les congés de maladie abusifs. Il réfléchit à une loi qui permettra à la caisse de sécu de reprendre aux pseudo-malades les indemnités touchées indûment.
Quand on sait que ce problème provoque environ 1 % du déficit de la sécu, et que certains laboratoires pharmaceutiques ont récemment coûté des millions à la collectivité en commercialisant des médicaments inefficaces quand ils n’étaient pas dangereux, on ne peut qu’applaudir devant tant de clairvoyance et opiniâtreté à combattre le péché inexpiable parmi tous : la paresse !

vendredi 28 octobre 2011

Pédagogie

Selon le Figaro, le président lors de son discours retransmis par la télévision aurait fait preuve de pédagogie. Ce terme, s’il a déjà été employé de nombreuses fois dans les médias, n’est en rien innocent et entraîne des conséquences décisives. Rappelons ce qu’est un pédagogue, c’est une personne chargée par la société d’élever les enfants, de les former, de les guider jusqu’à l’âge adulte.
Ce terme suppose donc que nous sommes des enfants un peu turbulents peut-être et que M. Sarkozy est notre maître. Les électeurs sont, pour les journalistes du Figaro, de grands enfants rêveurs qu’il faut éduquer et non des adultes responsables qui choisissent en toute connaissance de cause celui qui va les représenter.
M. Sarkozy, en bon pédagogue, sait ce qui est bon pour nous. Ceux qui votent pour lui sont des gens responsables, les autres n’ont, tout bonnement, rien compris à la leçon, ils seront certainement mis en retenue.

mercredi 26 octobre 2011

Le cacao Destination n'est (presque) pas du cacao!

Dernièrement, j'ai commencé une nouvelle boîte de chocolat pour mon petit déjeuner. En général, je prends la même marque, mais là, il s'agit d'une autre boîte, très jolie, ma foi.
Pis c'est du bio, fabriqué dans les règles de l'art par des gens pas exploités (fair trade, comme on dit vulgairement).
Le mot "cacao" est écrit en quatre langues, on sent l'entreprise de confiance au rayonnement international.
Hélas, lorsque j'ai ajouté le lait chaud, je me rends compte que ce breuvage n'a rien de commun avec celui auquel je suis habitué.
Je me précipite sur l'emballage et que vois-je indiqué bien clairement? "Cacao noble, 32%". Voilà donc la raison de ma déception. Cette boîte de cacao (cocoa, kakao, cacau) ne contient qu'un tiers de cacao (cocoa, kakao, etc...) !
Mais alors, me direz-vous, que contient-il exactement? Pour vous répondre je m'en vas chausser mes lunettes de presbyte, parce que c'est pas écrit gros, hein.
Eh bien sur le côté c'est indiqué en corps 4 que cette boîte de cacao contient 68% de sucre de canne! Cela veut dire que sur 500g du produit contenu dans cette boîte de cacao, on trouve 340 g de sucre en poudre!
Je suppose que ce mélange savant a fait l'objet d'une recherche gustative très poussée, ce n'est pas donné à tout le monde d'ajouter soi-même à son cacao la dose de sucre désirée. En tout cas vendre du sucre en poudre avec l'étiquette cacao, ils sont fort chez Max Havelaar!
Et comme cette boîte faisait partie de ma réserve, que je ne sais pas où je l'ai achetée, et pis que de toute façon je l'ai entamée, eh bien je vais me la garder.
A quoi vais-je m'en servir? Pour le petit déjeuner, c'est trop sucré, ça, c'est évident. Pour la cuisine, c'est râpé (le tiramisu avec deux-tiers de sucre...) mais pour sucrer le café, ça va pas être commode non plus. Franchement M Haavelar, vous avez eu de meilleures idées.

mercredi 17 août 2011

Les Khmers Verts


Une expression s'impose dans le jargon du pilier de comptoir, amateur entre autres de messages incendiaires sur les forums, cette expression c'est Khmer Vert.
D'abord, l'expression en elle-même est d'un niveau qui frôle l'imbécillité, voire le crétinisme. Les Khmers sont en effet ni plus ni moins que les habitants du Cambodge! Mais ceux qui emploient cette expression n'ont en tête que les Khmer rouges. Selon Wikipédia, cette "organisation a mis en place une dictature d'une extrême violence chargée, dans un cadre autarcique, de créer une société communiste sans classes, purgée de l'influence capitaliste et coloniale occidentale ainsi que de la religion. Le régime khmer rouge a causé la mort de plusieurs centaines de milliers de Cambodgiens."
Voilà donc ce que sont les Khmer Rouges. Autant dire le régime sanguinaire par excellence. N'y a-t-il pas quelque excès à désigner de la sorte ceux qui pensent qu'il n'y a aucune urgence à rendre notre environnement invivable? D'autant que selon moi, les plus à craindre sont plutôt les Khmer Gris qui pour augmenter leurs bénéfices bétonnent le paysage, coupent en tranches le pays à coup d'autoroutes, irradient des zones de plus en plus importantes provoquant à terme des cancers et des malformations (sans gravité, un fromage Corse tue plus de gens!), expropriant au passage qui leur semble bon, se délivrant à eux-même de prétendus brevets d'utilité publique!

vendredi 22 juillet 2011

The Trip, film de Michael Winterbottom

La dernière fois nous avions assisté à la projection de Transformer, et lunettes bicolores sur le nez, au gré des effets spéciaux lourdingues j’avais senti mon vieux cerveau se transformer en une soupe où les neurones par milliers se noyaient, leurs cris d'agonie couverts par les grincements de ferraille et les hurlements hystériques en dolby stéréo.

Rien de tel ce soir, nous allons aux Ambiances, un cinéma d’Art et d’Essai. On s’y sent à l’abri de l’air du temps et de ses transformers. Les carreaux rouges, à l’étage, donnent un petit ton magique et nous pouvons jouir en paix du spectacle : nous serons quatre dans la salle. The Trip n’a pas tenté grand monde. Tant mieux pour mon agoraphobie.

Nous ne sommes pas assis que le film commence. Pas de publicité, c’est déjà ça. Ah… par contre, le film est en V. O. On verra par la suite que cela s’imposait. Nous allons faire quelques progrès en anglais, à condition de ne pas trop se focaliser sur le sous-titrage.

Le premier personnage, Steeve Coogan, joue son propre rôle. On comprend qu’il s’agit d’un acteur professionnel, il devait faire un voyage (le fameux trip) avec sa bonne amie, mais celle-ci est partie aux Etats-Unis pour faire sa carrière d’actrice. Il propose donc à une connaissance à lui de l’accompagner, Rob Brydon, qui joue lui aussi son propre rôle. On est bien en Angleterre : le ciel est bas, la lumière grise, on ne verra le soleil qu’une fois au cours de la projection. Steeve se rend donc chez Rob, qui laisse apparemment à regret une femme et un nourrisson et les voilà qui montent dans un 4X4 cossu et se dirigent vers le Nord. Le Nord est le pays natal de Steeve, né à Manchester.

The Trip n’est donc pas seulement un film Anglais. C’est un film Nordiste, et donc doublement provincial, presque un film régionaliste. Nous allons voir de beaux paysages, prairies jaunies par les longues périodes enneigées, murettes grises à perte de vue, collines brunes. Les routes rayent un paysage sauvage, séduisant, mais désert. Où sont les gens qui travaillent ce pays ? Où sont les paysans ?

Dans l’habitacle du 4X4 on ne s’ennuie pas. On a affaire à deux cabotins qui rivalisent d’effets de voix, chacun donnant à l’autre des leçons de professionnalisme. On se demande si les acteurs se moquent d’eux-mêmes, de leur provincialisme, où s’ils ne font que jouer le seul rôle qu’ils connaissent, le leur. Steeve est en principe, un acteur sérieux, mais Rob, lui, est un humoriste. Son personnage public l’a complètement phagocyté. A tout propos, il ne peut s’empêcher de contrefaire tel ou tel personnage connu. Pour le spectateur français que je suis, ses efforts sont bien inutiles. On a l’habitude certes de voir ici ou là Roger Moore ou Tom Cruise, mais en général ils sont doublés. Le seul personnage imité que j’aie reconnu est Woody Allen, première période enfin je pense l’avoir reconnu, il n’est pas nommé. Du coup Steeve est entraîné sur le terrain de la bouffonnerie, ce qu’il fait avec mauvaise humeur.

Car la vie de Steeve n’est pas simple. Caricature du quarantenaire du XXIème siècle, il est persécuté par un passé qui le poursuit au téléphone. Divorcé, évidemment, il s’entretient avec son ex-femme, avec son fils au téléphone. Son agent lui propose des boulots qui le déçoivent, toujours au téléphone, sa bonne amie le rudoie depuis les Etats-Unis, au téléphone.

Voyages en 4X4, conversations avec ses proches au portable, bouffes dans tous les restaurants chicos du pays, aventures sans lendemain avec le petit personnel – cela semble faire partie du service - visites rares et courtes à ses vieux parents, Steeve serait-il un salopard ? C’est ce qu’il se demande, dans ses rêves…

Bien sûr, Steeve est un pauvre type victime de son destin, qui s’abandonne à tous les penchants sordides de notre civilisation. Soucieux d’être un acteur humaniste, un comédien exigeant épris de poésie dans un monde de transformers, il devient peu à peu un jouisseur solitaire sans avenir et sans illusions.

dimanche 20 mars 2011

Bien joué M. Sarkozy!

Alors que la France souffre d'un déficit qui la conduit à supprimer des postes d'enseignants, à fermer des tribunaux, des maternités, des lignes de chemins de fer etc. alors que nos dettes sont paraît-il déjà immenses, comment comprendre qu'on ait choisi d'aller dépenser des millions d'Euros dans une opération militaire hasardeuse en Libye? Voici des bombardements qui feront des morts innocentes d'une part, c'est à peu près certain, et d'autre part, comme on l'a vu en Irak, il est fort probable que des frappes aériennes ne suffiront pas à faire plier M. Kadhafi.
Ceci dit, la cause semble juste : on s'en prend à un tyran sanguinaire. Comment y être opposé? Stratégiquement, c'est bien joué M. Sarkozy! Vous voilà devenu un héros à nos frais. On essayera d'oublier que vous avez accueilli les bras ouverts M. Kadhafi avec tous les honneurs voici quatre ans, alors qu'il avait déjà les mains couvertes de sang.

dimanche 13 mars 2011

Faut-il être "écolo"?

On ne peut empêcher les catastrophes naturelles, on est obligé de vivre avec, c'est ce que font les Japonais. Mais les centrales nucléaires nous préparent apparemment des catastrophes artificielles! Déplacer des milliers de personnes autour des centrales alors qu'on a déjà les conséquences d'un tsunami à gérer, c'est quand même cher payer pour de l'énergie prétendument "propre"! Et puis "Les écolos" c'est qui? Ceux qui se soucient de leur environnement? Ceux qui ne se voilent pas la face? Qui souhaite avoir un environnement dégradé? Les nuages radioactifs ne sont pas des vues de l'esprit. De plus en plus de sites sont pollués, que ce soit à cause "d'incidents" ou de décharges. Et la pollution radioactive est la pire. Arrêtons ça, si on ne le fait pas pour la "planète" il faut le faire pour l'humanité.

jeudi 3 mars 2011

On voudrait que ce soit un rêve...

MM Fillon et Sarkozy sont au pouvoir depuis cinq ans. Ils ont commencé avec le bouclier fiscal. Ils finissent donc avec le bouclier fiscal qu'ils retirent, mais pas vraiment puisqu'en compensation ils suppriment une partie de l'ISF.
Toutes ces prétendues "réformes" n'ont tendu qu'à une chose : protéger l'argent des très riches en baissant les impôts, en supprimant les services publics et les aides sociales. On n'a même pas réduit le déficit public, puisque les impôts disparaissent encore plus vite que les prestations sociales, alors que les gouvernants ne se sont jamais autant "sucrés".
Le plus fort, c'est que M. Sarkozy croit dur comme fer à sa réélection, et peut-être qu'une fois re-président il rappellera M. Fillon? On n'a pas fini de croire rêver...

mardi 15 février 2011

Supprimer l'ISF et doper la croissance

Oui, notre pays a besoin de financiers, d'industriels du bâtiment, de sociétés d'autoroutes, d'actionnaires florissants, de chaînes d'hypermarchés, de propriétaires de yachts, d'écuries de chevaux de courses, de châtelains, de stylistes, de sportifs de haut niveau, de présentateurs télé, de chanteurs de variété, de parfumeurs, de bijoutiers. Quel malheur si ces gens-là quittaient le pays!

A quoi bon la croissance si c'est pour dilapider la richesse créée en futilités du genre tribunal, gendarmerie, école, hôpital, poste, sans parler des logement sociaux! Les déficits publics, maintenant ça suffit!

Personnellement, je suis un nanti, un fonctionnaire, un profiteur, un bon à rien, un incapable! La preuve? Je n'ai pas mérité de payer l'ISF. Mon métier? (mais s'agit-il vraiment d'un métier?) J'apprends aux enfants à lire et à écrire. Messieurs de l'UMP et autres piliers de comptoir, je reconnais mes torts! Donnez-moi encore des cours d'économie, juré je bois vos paroles! J'envoie même une partie de ma paye aux pauvres riches victimes de la critique gauchiste!

mercredi 2 février 2011

Baisser les dépenses publiques pour s'endetter plus


Nouvel appel à la grève des syndicats de l’Education Nationale pour le 10 février 2011. Ils protestent contre la baisse du nombre d’enseignants prévue par le gouvernement, alors que l’effectif des élèves est au contraire en légère hausse.
Si les enseignants suivent leurs syndicats, ce seront des râleurs invétérés (manie bien française ! regardez à l’étranger, ils ne font pas grève, d’ailleurs l’herbe est toujours plus verte dans le pré du voisin), et même des fumistes irresponsables quittant leur poste pour agiter dans la rue leurs revendications corporatistes. Si les enseignants ne font pas grève, on dira qu’ils désavouent leurs représentants ; (d’ailleurs, que représentent les syndicats, sinon eux-mêmes? avant, ils étaient à la solde de Moscou, aujourd’hui, ils cherchent avant tout à préserver leur influence) et qu’en somme, ils se rendent compte qu’il n’est pas raisonnable de demander toujours plus… ou plutôt de toujours protester contre le «toujours moins».

Que faire ? Car enfin, on programme bien une baisse des effectifs enseignants. Au nom de quoi ? Eh bien, les résultats de nos élèves Français ne sont pas à la hauteur des espérances. Certaines études montrent que la France n’est pas dans le peloton d’excellence des pays «industrialisés», études fondées, ironie du sort, sur les évaluations effectuées par les enseignants eux-mêmes. Les malheureux se sont auto-évalués et se sont mis eux-mêmes de mauvaises notes. Peut-être auraient-ils dû être plus cléments… peut-être, mais ce n’est pas sûr. En donnant de trop bonnes notes à leurs élèves, ils auraient fourni des arguments à ceux qui pensent que l’éducation nationale est assez pourvue. La conclusion de nos gouvernants, c’est que les enseignants, quoique grassement payés (2000 €/mois au bout de 25 ans en primaire) et placés dans des conditions de travail idylliques (moins de 25 élèves par classe en moyenne) ont failli à leur tâche. Du coup, on va supprimer leurs « avantages » puisque «ça ne marche pas» : quitte à avoir de mauvais résultats, autant que cela coûte moins cher au contribuable!

Curieux raisonnement! Ce qu’entendent les contribuables c’est que cela «coûte moins cher» alors tant pis pour les gamins qui vivront dans des classes trop chargées. D’ailleurs les dépenses publiques doivent baisser. En effet, chaque pays du monde a une note qui lui permet d’emprunter sur le marché bancaire mondial. Meilleure est la note, meilleur le taux d’intérêt. Pour faire monter cette note, ce n’est pas difficile : il suffit de baisser les dépenses publiques. En supprimant ses tribunaux, ses hôpitaux, ses commissariats de police, ses écoles publiques, tout pays « industrialisé » ou non a le droit de s’endetter davantage. On se demandera peut-être pourquoi un pays s’endetterait si ce n’est pour améliorer le confort de ses habitants : quoi de plus confortable pour un citoyen que d’avoir des services publics ? Certes, mais il n’y a plus de citoyens, il n’y a plus que des consommateurs qui n’ont qu’un seul désir : s’endetter.

Mais aux enseignants, on promet qu’ils vont pouvoir faire mieux avec moins. Certes, avec moins de briques, on a du mal à construire une plus grande maison, mais l’enseignement, ce n’est pas comme la maçonnerie. Un enseignant, pourvu d’une bonne photocopieuse et d’un bon micro peut sans inconvénient faire cours à quelques centaines d’étudiants dans un amphithéâtre, pourquoi, à terme, ne pas faire de même avec des élèves de six ou huit ans ?

dimanche 23 janvier 2011

Les pirates du net

Cela fait bientôt quelques années qu'on nous amuse avec le feuilleton de la "contrefaçon numérique". On ne tue personne en téléchargeant, on ne vole même pas vraiment : il ne s'agit que de copie numérique, ce n'est pas comme un vol matériel, qui va créer un manque chez le volé. Le mot "pirate" est donc vraiment excessif, et les lois votées sont inadaptées. Si je contemple un tableau dans une galerie, faudra-t-il parler du "manque à gagner" pour le galeriste? Effectivement, j'ai contemplé le tableau, sans le payer. Est-ce que ça enlève quelque chose au tableau? Suis-je alors un pirate?
Il faudrait élever le débat. Aujourd'hui les gens achètent sans arrêt de la "technologie" ordinateurs, portables, livres numériques, disques durs, écrans plats, ils ont aussi des abonnements portable, télé, ADSL, et c... Tout cela coûte cher. Comment pourraient-ils acheter autant de musique qu'avant? Et pourtant, une enquête montre que les gens qui téléchargent "illégalement" sont aussi de plus gros consommateurs. Alors que leur reproche-t-on? D'avoir 10 000 titres sur leurs disques durs, qu'ils n'auront matériellement pas le temps d'écouter?
J'avoue ne pas comprendre.