dimanche 17 mai 2009

toxic de William Reymond

L'obésité touche beaucoup de monde, aux États-Unis, c'est pratiquement un tiers de la population qui est concernée, et l'épidémie gagne la terre entière, y compris l'Afrique noire où pourtant la famine est un grave problème. Cette obésité a conduit à l'expansion du diabète de type 2, autrefois dit "des vieux" mais qui maintenant touche tous les âges, y compris les plus jeunes, sans parler des problèmes cardio-vasculaires qui apparaissent déjà et vont se multiplier dès lors que les jeunes obèses vont dépasser la quarantaine.

Pour ne plus être obèse, n'est-ce qu'une question de discipline personnelle? suffit-il comme on le prétend de faire du sport et de moins manger?
Certes, c'est un bon début, mais il faut aussi changer quelques habitudes alimentaires.

D'abord s'abstenir de la consommation des sodas, qui contiennent depuis les années 1980 (où, comme par hasard, a commencé à se développer l'obésité) des sirops de glucose-fructose issus de la transformation industrielle de l'amidon de maïs que l'organisme humain engloutit et emmagasine. Auparavant, l'industrie utilisait du sucre de canne, qui limitait la consommation. Le sirop de glucose, lui, bien que tout aussi calorique que le sucre de canne, n'écœure pas le buveur qui n'a aucune raison de limiter sa consommation. Or boire un coca ou autre soda par jour conduit selon les études les plus sérieuses à prendre sept kilogrammes par an.

Ensuite il faut fuir comme la peste les graisses hydrogénées (dites aussi acides gras trans), utilisées massivement dans l'industrie alimentaire pour leur faible coût en remplacement d'autres matières grasses. Suivant une étude de 1994 de Walter Willet, les acides gras trans favorisent la venue du mauvais cholestérol et empêchent le bon. Résultat? depuis 1994 entre 360 000 et 1 million d'américains ont été victimes de ce véritable poison! L'OMS étudie le problème, et seul le Danemark en a interdit l'emploi.
En attendant, ceux qui ignorent le danger et ceux qui oublient de lire les étiquettes continuent de s'empoisonner lentement.

Parti pour étudier l'obésité en tant que problème, William Reymond se rend compte au fil de son étude qu'elle n'est que le symptôme d'un problème plus vaste : l'industrialisation de la nourriture, laquelle a permis a des sociétés d'amasser de formidables profits et de faire la pluie et le beau temps dans les gouvernements, aux E-Unis d'Amérique et ailleurs. Mais cette industrialisation a déshumanisé l'agriculture, détruit la nature, transformé les animaux en simples objets et au final, elle empoisonne progressivement les populations...

Évidemment, on n'est pas arrivé à ce beau résultat sans dépenser des milliards en publicités, de manière à disqualifier la nourriture maison et à la remplacer par tous ces beaux produits si colorés et tellement gouteux qui n'ont qu'un seul défaut : ils nous rendent laids et malades... Les jeunes, que nous avons emmené au Mc Do pour fêter leur anniversaire ou pour recueillir un jouet en plastique sans valeur, sont désormais accros au soda caféiné, à la frite huileuse, au steak haché douteux et à la tranche de pain viennois molle...

Dans les années 80 nous étions quelques uns à râler contre l'invasion américaine, à trouver les hamburger dégueulasses et le coca imbuvable... à l'époque, nous étions des nationalistes rétrogrades, des anti-américanistes primaires, des ringards... content de voir que les nutritionnistes, au moins, nous donnent raison...

Ne nous y trompons pas. La bouffe à l'américaine n'est pas venue toute seule. Il a fallu pour qu'elle s'impose que d'abord les grosses sociétés américaines nous imposent leur industrie culturelle, avec la complicité de politiques bien arrosés. Cette industrie culturelle, on s'en doutait, n'était là que pour nous vendre ses produits dérivés. Maintenant, nos enfants sont tous en jean et boivent du coca, mangent au fast food et leur santé n'en est pas meilleure, à ce qu'il paraît. Personnellement, j'ai dû, depuis que Mc Do est installé dans ma ville, y entrer trois fois. Et je ne suis pas mort de faim. Si tout le monde avait fait comme moi, Mc Do serait reparti vers des cieux plus cléments.

Aujourd'hui on en est réduit à faire une semaine du goût par an dans les écoles... Et 51 semaines de dégoût... Voilà à quoi conduit le libéralisme à l'Américaine (à la Française, il ne vaut guère mieux) et la recherche du profit maximum. Aux États-Unis d'Amérique, les écoles sont livrées par manque de moyens aux appétits des investisseurs privés. En échange de l'entretien matériel de l'école les cantines fournissent aux élèves leurs rations de graisses hydrogénées et de sirop de glucose-fructose. Avec ses prétendues réformes et ses économies de fonctionnement M. Sarkozy ne nous prépare-t-il pas sans complexe la même chose en France?

Que faire? Résistez! Faites la cuisine avec des produits frais du terroir (du vôtre!) et lisez donc Toxic de William Reymond (coll J'ai lu, ed Flammarion 2007), c'est déjà un bon début...

mercredi 13 mai 2009

Porcinets


Have you seen the little piggies / Avez vous vu les petits porcinets
Crawling in the dirt / s'ébattre dans la saleté
And for all the little piggies / et pour tous les petits porcinets
Life is getting worse / la vie empire
Always having dirt to play around in./ toujours de la saleté pour s'amuser

Have you seen the bigger piggies / Avez-vous vu les plus gros porcinets
In their starched white shirts / dans leurs vêtements blancs empesés
You will find the bigger piggies/ Vous trouverez les plus gros porcinets
Stirring up the dirt / remuant la saleté
Always have clean shirts to play around in. / ils ont toujours des vêtements propres pour s'amuser

In their styes with all their backing / Dans leurs porcheries avec tous leurs aides
They don't care what goes on around / Ils ne se soucient pas de ce qui se passe autour d'eux
In their eyes there's something lacking / Dans leurs yeux quelque chose manque
What they need's a damn good whacking./ ce dont ils ont besoin, c'est d'un bon coup de pied quelque part

Everywhere there's lots of piggies / partout il y a des tas de porcinets
Living piggy lives / qui vivent des vies de porcinets
You can see them out for dinner/ Vous pouvez les voir sortir pour dîner
With their piggy wives / avec leurs épouses porcinettes
Clutching forks and knives to eat their bacon. / Qui prennent les couverts pour manger leur lard

George Harrison traduction Tonton K100d


Banque Info Banque Populaire du Massif Central n°189 Mai 2009

vendredi 1 mai 2009

Dissolvant du cerveau

Dessin de Keno Don Rosa paru dans Picsou magazine 379
Un petit dessin vaut mieux qu'un grand discours.