mardi 30 décembre 2008

Beau temps sur toute la France

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"Beau temps sur toute la France!" claironnait hier matin la "journaliste" de France Info. Par ma fenêtre on voyait de gros nuages noirs et chargés. Sur Jazz Radio (j'aime bien le jazz) c'est aussi l'heure de la météo. Et encore du beau temps annoncé partout... donc chez moi, me dis-je ; ça va se dégager! Sur Rire et Chanson (j'aime bien rigoler et écouter des chansons) un présentateur niais se félicite du si beau soleil qui brille sur "notre" pays...

Ici, la neige s'est mise à tomber, drue. Elle ne cessera pas jusqu'à la nuit.

Ce matin, la neige commence à fondre, le ciel est gris, on n'y voit goûte... et je tombe cette fois sur France Culture (j'aime bien la culture et aussi la France bien qu'apparemment je n'y habite pas). "Le beau temps continue!" s'écrie la journaliste. Ah bon... serais-je victime d'une hallucination?

Au moment même où j'écris ces lignes, une pluie abondante s'épanche sur le secteur.

Mais ça va bien finir par se dégager...

mardi 23 décembre 2008

Affaire de Noël



Merci M. Notre Président pour cette grâce accordée à M. Marchiani, "détenu exemplaire". Un homme qui a rendu tant de services à l'état (en tant que préfet il avait en charge le maintien de l'ordre dans un département tel que le Var) a bien le droit de se laisser un peu aller à quelques corruptions et autres implications toujours pas élucidées dans des trafics d'armes en Angola. A ce titre il est vraiment exemplaire.

Et il n'est absolument pas nuisible à la fonction présidentielle qu'un président de la république, proche de M. Pasqua, lui-même ami intime de M. Marchiani donne publiquement l'absolution à ce dernier.
Merci M. le Président pour cette leçon de reconnaissance, de fidélité, et d'esprit de pardon absolument unique dans les annales de notre république.

Joyeux, joyeux Noël en famille M. Marchiani...

vendredi 12 décembre 2008

Le travail du dimanche, rite tyrannique d'une religion envahissante

On va porter un nouveau coup au repos dominical et les catholiques pratiquants, qui ont en grand nombre voté pour l'ignoble Qui-Vous-Savez, ne protestent même pas. Certains battent même leur coulpe: "Parce que nous ne l'avons pas assez respecté, nous avons mérité de perdre le dimanche!". Ayant négligé leur santé, ils sont reconnaissants à qui les euthanasie...
Il faut dire que la religion catholique bat la breloque. Dans la nation même qui fut naguère fille aînée de l'église (catholique, s'entend), on peine à recruter des prêtres et les églises sont de plus en plus désertées.
Cette désaffection supposée à l'égard de "notre" religion traditionnelle trouve plus d'une explication.

Le Pape, "notre" supposé chef spirituel, donne des consignes, et nous autres intellectuels, (ou demi-intellectuels) n'aimons pas les consignes, alors, nous n'aimons pas "notre" Pape.

Et puis la religion est entrée, pour tous, dans l'ère du soupçon. Comment croire entièrement en Jésus, quand on voit bien que d'autres croient en quelque autre prophète et qu'ils ne s'en portent pas si mal? Certes, nous avons importé notre belle religion catholique dans nos (anciennes) belles colonies, mais du coup, nous avons bien dû remarquer que d'autres religions existaient.

Comment croire que Dieu, dans son infinie bonté, ait pu laisser ces peuplades humaines depuis des siècles et des siècles dans l'ignorance de la véritable croyance? Et si cela signifiait tout simplement que toutes les religions, dans leur fonctionnement et dans leur rôle social finalement se valent? Car les effets de la colonisation, n'ont pas fini de se ressentir, et s'il reste encore des traces des religions pré-coloniales en Afrique par exemple, elles sont en voie d'être définitivement éradiquées : c'est que la colonisation mentale continue, et continuera. Finalement, la religion catholique ne se porte pas si mal, elle a gagné de nouveaux territoires, mais s'est affaiblie du même coup "chez elle". Là, les fidèles sont devenus plus tièdes, plus versatiles, prêts à se rassembler en masse pour acclamer la star du rock nommée le Pape mais peu enclins à rejoindre au petit séminaire le bataillon des soldats du Christ.

Eh puis, la religion catholique, en France, a désormais sur son propre terrain un adversaire redoutable. Je ne veux nullement parler de la religion musulmane, qui pour le moment y est en position défensive et fragile, mais bien de la religion dont le Grand Qui-Vous-Savez est le Pape. C'est bien entendu la religion de la consommation et de la fréquentation quotidienne (7 jours sur 7, comme dit la pub) des Grandes Surfaces dont il est question.

La Sainte trinité Emploi Consommation Croissance devant laquelle on s'incline n'est finalement qu'une religion comme une autre, avec ses croyances (régulièrement battues en brèche par la réalité) et ses rites (de plus en plus envahissants, comme une névrose ou des TOC). Voilà que le rite du travail/consommation du dimanche gagne encore du terrain. Autrefois il fallait aller aux vêpres et déambuler avec résignation entre les chaises pour aller communier alors qu'au dehors riait le soleil (et les filles?) pour gagner un salut incertain. Aujourd'hui il faudrait aller au supermarché traîner entre les rayons, profiter des promotions sur des produits insipides, faire la queue interminablement tandis que au dehors (c'est pour bientôt!) des sociétés anonymes couleront inlassablement du béton dans des coffrages...

samedi 6 décembre 2008

La Mauvaise réputation

Georges Brassens, on le sait, a vécu à Paris quand il n'était pas en tournée. On sait aussi qu'il a revendiqué ses origines, avec de nombreuses allusions dans ses chansons, dont la plus explicite est évidemment la supplique pour être enterré sur une plage de Sète. Ne l'eut-il pas fait, son accent méridional très prononcé l'aurait de toute façon trahi. La famille de son père était venue de Castel Sarrasin et sa mère était d'origine Napolitaine, mais c'est bien dans le joli port languedocien de Sète qu'il a vécu son enfance et son adolescence.



Brassens était donc setori ce qui veut dire "Sétois" en sétois. Le setori est aussi une variété de la langue d'Oc. Les locuteurs de la langue d'Oc (ou occitan, ou provençal) se sont souvent emparés des textes de Brassens et les ont abondamment traduits et réinterprétés.
André Chiron fait partie de ces interprètes, et il faut insister sur la qualité impeccable autant des traductions que du chant. On ne pourrait lui reprocher qu'une chose, être resté trop près de l'original peut-être. Il faut dire qu'André Chiron est sur ce disque accompagné ni plus ni moins de Joel Favreau, le guitariste attitré de Brassens, et qu'en tournée, Chiron bénéficiait de l'arrière plan sonore de la contrebasse de Pierre Nicolas...

Quoi qu'il en soit deux disques ont été "gravés" intitulés André Chiron canto Brassens en Prouvençau" (vol 1 et 2) ce qui se passe de traduction. N'étant pas un ami ni même une vague connaissance d'André Chiron, je ne peux que vous renvoyer sur ce site pour plus d'information.
Les traductions des chansons sont de Pierre Paul. En effet il ne suffit pas de posséder parfaitement la langue d'Oc, encore faut-il être suffisamment poète pour... mais assez causé, voyons plutôt un exemple : La Mauvaise réputation.
NB La graphie est celle de l'auteur.


LA MARRIDO REPUTACIOUN

Au village, dins moun endré
Me siéu carga lou capelet
Que que digue o que digue rèn
Me tenon pèr un pau de sèn.
Crese qu'en res pamens fau de daumage
En me plegant pas à si bons usage.
Mai li bràvi gènt amon pas
Que se marche pas a soun pas
Noun, li bràvi gènt amon pas
Que se marche pas a soun pas.
Me mascaron. Que digon rèn
I'a que li mut e se coumpren.

Pèr lo quatorge de juiet
Iéu me radasse dins moun lié.
La musico que marcho au pas,
D'acò me n'en soucite pas.
Crese qu'en degun pamens fau d'escorno
En escoutant pas lou graile que sono.
Mai li bràvi gènt amon pas
Que se marche pas a soun pas
Noun, li bràvi gènt amon pas
Que se marche pas a soun pas.
Tout lou mounde me guigno au det
Franc di manchet, ço vai soulet

Quouro vese un raubo-galino
Que ié fan senti la sapino
Un pèd-terrous e si vesin
Iéu l'ajuda a grata camin.
En res crese de faire tort en soumo
En leissant fugi li voulur de poumo
Mai li bràvi gènt amon pas
Que se marche pas a soun pas
Noun, li bràvi gènt amon pas
Que se marche pas a soun pas.
Tòuti me picon sus lo su
Franc di nanet, bèn entendu.

Ges de besoun d'un devinaire
Pèr saupre ço que me van faire.
Tre qu'auran un tiroun di bèu
Me ié penjaran autant lèu.
En res crese de faire tort en soumo
En enregant pas lou camin de Roumo.
Mai li bràvi gènt amon pas
Que se marche pas a soun pas
Noun, li bràvi gènt amon pas
Que se marche pas a soun pas.
Me vendran vèire à moun gibet
Franc di calu, ço vai soulet.