jeudi 29 novembre 2007

docteur sarko

Grand-Père Service Public a du mal à marcher. Il faut faire quelque chose ! On convoque un médecin, le docteur Sarko, de bonne réputation. Que fait-il ? Il lui fait couper les jambes… Grand-Père Service Public n’aura plus de rhumatismes…

Ah ! le docteur Sarko ! Lui au moins il fait bouger les choses !

samedi 24 novembre 2007

Plus d'internet pour les pirates!

La sérénissime évanescence qui dirige ce pays a enfin décidé de s'attaquer au principal problème national: l'échange de fichier audio et vidéo par internet. Comme toujours, les mesures sont radicales. Pour lutter contre ce piratage qui accule l'industrie du disque à la faillite et provoque la mort de la culture, il n'en fallait pas moins.

D'abord, le contrevenant sera prévenu par courriel, une ou deux fois, c'est à voir. Ensuite il recevra une lettre recommandée... S'il ne cesse ses coupables activités de contrefaçon privée, son abonnement sera suspendu, voire supprimé. Il est prévu d'établir une liste noire de téléchargeurs "pirates"... si la Commission Informatique et Liberté laisse passer ça.

Les Fournisseurs d'Accès ont signé ces accords, et pourtant, si de telles mesures étaient appliquées, ils seraient les premiers à en souffrir... Suspendre les abonnements, c'est tout simplement supprimer leurs clients! Heureusement, elles sont inapplicables...

La solution? Soyons libéraux, laissons les gens échanger des fichiers comme ils le veulent : le marché est seul maître! Quand un produit devient obsolète (comme le disque aujourd'hui) il faut songer à la reconversion... Quand à la culture, certains avancent qu'elle passerait davantage par l'université que par l'industrie du disque...

mercredi 21 novembre 2007

Pouvoir ou ne pas pouvoir (d'achat)

Avant les élections, M. Sarkozy avait dit "Je veux que le pouvoir d'achat des français augmente." Devant tant de détermination et de bonne volonté, les Français ne pouvaient que lui donner leur voix. Maintenant, son ministre, faisant preuve de pédagogie leur explique patiemment que le gouvernement n'a pas le pouvoir d'influer sur le pouvoir d'achat.

Du coup on se demande si M. Sarkozy mentait naguère ou si c'est aujourd'hui que son ministre nous trompe...

mardi 20 novembre 2007

Plus encore!

« les quelques 400 managers salariés présidents et directeurs du CAC 40 (…) veulent jouer sur les deux tableaux: gagner comme des capitalistes tout en étant plus protégés que les autres salariés! Ils ont tout de même réussi, en dix ans, à faire augmenter leurs rémunérations annuelles d'environ 2 millions de francs à 2 millions d'euros! (…)
Si en plus ils font prospérer l'entreprise, il leur faut des primes, des bonus, des stock-options! (…)
Lorsqu'ils quittent leur poste, ils veulent des indemnités. Ce qui est déjà anormal, vu les gains de capitalistes auxquels ils prétendent, et le devient plus encore étant donné les conditions de leur départ. Le licenciement d'un salarié correspond, le plus souvent, à une suppression de poste et n'implique aucun désaveu professionnel. Il n'en va pas de même pour les managers qui sont remerciés lorsqu'ils n'ont pas donné satisfaction. C'est une prime à l'échec et qui devrait atteindre trois années de salaire!

Vous croyez que j'ai fini? Absolument pas. Il y a leurs retraites! On a fait grand bruit des 29 millions d'euros provisionnés pour assurer celle de l'ex-président de Carrefour, en oubliant de préciser qu'il n'a jamais cotisé pour toucher une telle pension! Comment ose-t-on appeler cela une retraite? Et comment prétendre qu'assurer une retraite à son président figure dans les objectifs sociaux de Carrefour? Et, surtout, comment, après cela, voulez-vous expliquer aux bénéficiaires des régimes spéciaux que leurs retraites sont trop élevées? Comment faire admettre le CPE eu égard aux parachutes dorés patronaux? C'est pour cela que ce problème des rémunérations des managers salariés est fondamental: il brise toute tentative de consensus et empêche la création d'une dynamique de la réforme. "

Qui a dit ça ? Olivier Besancenot ? Arlette Laguiller ? Perdu !
C’est François de Closet dans un entretien donné à l'express!

lundi 19 novembre 2007

citation précieuse

"On combat le dopage comme on combat le chômage, pour éviter de mettre en question les principes de la société libérale dont ils résultent, principes soumis à l'exigence de performance."

philippe Liotard

Sarkozy soigne son électorat

"Fin de l'exonération de la redevance TV pour 780.000 foyers
A partir de 2008, quelque 780.000 foyers, principalement des personnes âgées modestes, devront acquitter les 116 euros de redevance audiovisuelle. Le dispositif provisoire qui les en dispensait arrive en effet à échéance. "
(La Tribune 19/11/07 )

mercredi 14 novembre 2007

Dans la rue pour sauver les retraites!

Pour sauver les retraites, on a décidé (qui?) d’augmenter la durée de cotisation. On pourrait choisir d’augmenter le montant des cotisations mensuelles.

En augmentant la durée de cotisation, on empêche les petits travailleurs de prendre leur retraite : leur salaire étant bas, ils ont besoin d’un taux plein pour vivre. Les salaires élevés, eux, peuvent se permettre une décote : ce n’est qu’une question de confort, non pas de nécessité. D’ailleurs, les gros salaires peuvent effectuer des placements avec leurs économies et augmenter leur retraite. Les petits salaires n’ont guère les moyens d’épargner.
De plus les statistiques montrent que les petits salaires vivent en moyenne moins longtemps que les gros. Les réformes effectuées en ce moment, tendent donc à aggraver les inégalités et donc vont à l’encontre de la justice.

Si on augmentait les cotisations mensuelles, les riches cotiseraient davantage, ce qui est logique, puisque statistiquement, ils profitent davantage de leur retraite, en nombre d’années d’abord, et aussi en divertissements (voyages, et c.) que les pauvres ne peuvent pas se permettre.

On a fait le choix, au niveau Européen, (sans parler des États-Unis) de retarder l'âge du départ en retraite au lieu de faire payer davantage ceux qui en ont les moyens. Il s'agit d'un choix de classe, et les ouvriers et petits employés qui acceptent ceci vont à l'encontre de leurs intérêts.

Actuellement, leur intérêt est de descendre dans la rue aux côtés des grévistes...

mardi 13 novembre 2007

Il n'y a pas que le Tour!

Armstrong a tellement dominé le Tour qu'il en a dégoûté plus d'un.

On pourra trouver des explications à une telle domination. Il avait une hygiène de vie extraordinaire, c'était un champion exceptionnel, ses médecins étaient formidables... certes, et surtout, il s'est consacré, durant son "septennat", uniquement au Tour. Ses concurrents avaient un calendrier chargé, lui, il préparait le tour...

Avec du recul, on finira bien par se rendre compte qu'à côté des palmarès de Merckx, Hinault et c... celui d'Armstrong n'est pas si impressionnant... A moins de prendre en compte uniquement le tour de France. Ce qui est aujourd'hui apparemment la règle.



Merckx, qui faisait partie d'une équipe italienne, a dû privilégier le Giro : il l'a remporté cinq fois. Il a aussi gagné le Tour d'Espagne en 1973 et 7 Milan-San Remo, et trois paris-Roubaix, et toutes les classiques et 3 titres de champion du monde et c.... Cela vaut bien les sept tours d'Armstrong... Armstrong a certes été sacré champion du monde en 1993 et a gagné trois classiques mais on est obligé de constater que depuis sa première victoire dans le Tour en 1999, Armstrong n'a rien gagné de notable, excepté un Grand Prix des Nations en 2000 (course que Merckx a gagné en 1973 )

C'est en se consacrant uniquement au Tour qu'Armstrong a pu le gagner 7 fois. Cela ne lui ôte évidemment pas son mérite, mais cela explique un peu sa domination.

D'autre part, ce qui a favorisé le coureur Texan et aussi beaucoup nui à l'intérêt sportif du Tour, (et je ne comprends pas que les organisateurs ne s'en soient jamais rendu compte) c'est le contre-la-montre par équipes.

Les coureurs qui auraient pu individuellement inquiéter Armstrong (grimpeurs, et c...) étaient pour la plupart lourdement handicapés par cet exercice dès lors qu'ils n'avaient pas les moyens de se payer une équipe de rouleurs. Armstrong était placé tactiquement en position idéale, ce dont il n'avait pas besoin.

Est-il d'ailleurs justifié du point de vue sportif que des résultats obtenus par équipe interviennent aussi lourdement sur le classement individuel? Il me semble que le classement individuel a été faussé et surtout rendu moins intéressant depuis l'instauration de cette étape courue par équipes. Armstrong aurait peut-être gagné quand même sans les c.l.m. par équipe, mais le tour aurait été bien plus intéressant.

dimanche 11 novembre 2007

Les mains sales jusqu'à la nausée...

M. Fillon réforme les régimes spéciaux de la SNCF et de la RATP avec un seul but : promouvoir la «justice et l’équité». C’est ce qu’il affirme dans un entretien donné hier au journal du dimanche. M. Sarkozy avait déjà employé hier ce mot «d’équité». Autrement dit, ce n’est pas pour des raisons financières, de déficit, et c. qu’on va faire cette réforme, il paraît simplement scandaleux à ces justiciers équitables que sont nos deux politicards aguerris que les roulants de la SNCF puisse cotiser seulement 37 ans alors que le reste de la population est à 40 et plus si affinités.
Juste et équitables ces messieurs ? Eh bien, sachez que M. Chirac touche une retraite d’au moins 30 800 €, entièrement composée de régimes plus spéciaux et préférentiels les uns que les autres.

Un député touche, à partir de soixante ans (?), environ 1500 € par tranche de 5 ans. M. Fillon, qui a été député pendant 20 ans, touchera exactement 5973,33 € par mois à ce seul titre ! A cette somme il faudra ajouter environ 2000€ pour ses mandats « locaux » (maire).
Soit au total près de 8000 € par mois pour au mieux 20 ans de cotisations, ça c’est du régime spécial !

M. Sarkozy, longtemps député, touchera à ce titre environ 4000€ mensuels. En tant qu’ancien président, si tout va bien il se fera 5250€ mensuels, et aussi 2000 € pour son mandat de maire de Neuilly. Au total 11 250€ mensuels qu’il va falloir doubler puisqu’il aura le droit de siéger au conseil constitutionnel et il touchera 12000€ par mois. On se croirait au Monopoly…

Notre Président, pour avoir détruit les services publics, pour avoir augmenté les inégalités sociales en baissant les impôts des plus riches, pour n’avoir rien fait contre l’évasion fiscale, pour avoir diminué les droits de succession (favorisant l'héritage au dépend du mérite personnel), touchera à sa retraite 23250€ mensuel. Et il n’aura cotisé, au mieux, que vingt ans.

Pour certains, tout cela serait « normal ». Les politicards «mériteraient» le traitement qu’on leur fait. Ce serait cela la justice et l’équité?

Chiffres : Ipol

mercredi 7 novembre 2007

la religion consumériste


Certains immigrés ne seraient pas assimilables : Musulmans, ils seraient irréductibles à une Europe chrétienne. En réalité la religion de l’Europe, comme celle d’une bonne partie du monde, ce n’est pas le christianisme ou le judaïsme, la religion que nous avons tous embrassé sans trop nous en rendre compte, c’est le consumérisme.

Pour ainsi dire, aucun catholique, même pratiquant, ne suit plus les consignes papales : tous, par exemple, pratiquent la réduction des naissances (sinon, comment expliquer qu’on n’ait plus de familles de douze enfants comme au XIXème siècle ?) Les discours du pape n’ont qu’une vague valeur indicative. Ce serait, selon le pape, un péché de porter un préservatif. Cela n’empêche personne d’en mettre. Dans le fond, le pape est comme une grand-mère rechignée qui énonce des maximes morales que personne ne cherche à appliquer.

Les discours du Pape sont pourtant retransmis par les télés, mais pas au bon moment. On les écoute, ces discours, pendant le temps des informations : un moment où tout ce qui se dit n’est absolument pas crédible et par ailleurs dépourvu d’intérêt. Tout le monde sait que PPDA et JPPernod sont des agents propagandistes. Pour être crédible, le message du Pape devrait intervenir pendant le véritable moment informatif : le temps de la publicité. Aux Etats-Unis, les prêtres l’ont bien compris. Ils vendent leur religion comme on vend un paquet de lessive, et de la sorte, ils ont beaucoup de fidèles. Toute religion, aux Etats-Unis, est devenu une marque comme une autre, un signe d’appartenance comme un autre à la religion consumériste.

La vérité consacrée dont on doit prendre absolument connaissance est délivrée sous forme de messages publicitaires. Si PPDA et consorts nous amusent avec des anecdotes qui ne nous concernent pas, les publicitaires, eux, s’occupent réellement de nous. Les produits qu’ils nous montrent, nous pouvons les posséder. Surtout, nous pouvons devenir adeptes de certaines marques, en achetant certains produits, devenir pratiquant de la religion de la consommation.

Le signe extérieur ostentatoire de l’appartenance à cette religion est le téléphone portable : l’objet en lui-même n’est pas si nouveau, c’est au départ une application civile d’une technologie militaire déjà bien connue. Personne, à priori, n’a besoin de se promener jour et nuit avec un moyen de communication personnel ; au delà du problème financier, on a pu dire au départ (disons en 1992) que cet objet serait plus embarrassant qu’utile. Mais la publicité a commencé à délivrer ses messages et, après une longue pédagogie quotidienne, la population a peu à peu compris que la possession d’un téléphone portable permettait de participer à une grande pratique commune, appuyée sur tout un réseau de croyances. C’est le principe de la religion : permettre à chacun d’intégrer une communauté grâce à des rites commun. L’utilisation du téléphone portable est un des rites de la religion consumériste, de même que porter une main de fatma ou un voile signifie qu’on appartient à la communauté religieuse Musulmane, arborer un portable est le signe qu’on s’est donné pour toujours à la religion consumériste.

On sait si bien que le portable, en lui-même, la plupart du temps ne sert à rien, que les fabricants travaillent sans cesse à lui trouver d’autres fonctions. Il donne l’heure (les gens n’ont plus de montre : ça leur donne l’occasion de sortir leur portable) il permet de prendre des photos ou même des vidéos (personne n’avait eu l’idée de porter en permanence un appareil photo, eh bien, grâce au portable, tout le monde en a un sur lui), on peut consulter internet, et c. On raconte qu’un portable multifonction permettait de tout faire sauf de téléphoner. Les dames légères ont trouvé plus d’un emploi à ce petit objet qui, j’oubliais, est vibratile…

Les plus rétifs à embrasser la religion ont quand même un portable : pour des raisons de sécurité… De la sorte, ils peuvent avertir leur famille s’ils sont victimes d’un accident entre leur domicile et le supermarché. On en achète aux enfants « pour se rassurer » : ainsi, le bambin peut nous prévenir si dans la cour de récréation une grosse brute l’agresse.

De même que la croix au revers de l’habit pouvait, dans la religion ancienne, être plus ou moins ornée, plus ou moins coûteuse, de même, le portable se « décline » de l’appareil le plus sommaire jusqu’au petit bijou clignotant. Du coup, le portable coûte cher. Il demande au fidèle des sacrifices (financiers) élevés. C’est bien le principe d’une religion qui élève moralement par l’effort qu’elle demande. Évidemment, le portable concerne seulement les fidèles tout-venants. Les prélats de la consommations, eux, se consacrent à d’autres pratiques plus ésotériques comme l’entretien d’une Porsche, ou, (et c’est là le fin du fin en matière de foi consumériste) le yacht, concentré absolu de consommation. Un yacht ne sert à rien et peut vous ruiner un millionnaire. En avoir un, c’est comme élever un temple au Dieu consommation.


Le lieu de culte par excellence, l’église du consumérisme est évidemment le supermarché. Le supermarché n’est pas un endroit où l’on fait ses courses avant de vaquer à ses vraies occupations. Non, c’est le « lieu de vie » c’est le lieu où s’exerce l’activité primordiale de l’homme : la consommation. Je développerai ceci une autre fois.

Le dieu consommation, comme tout dieu, est invisible, personne ne l’a jamais vu mais tout le monde y croit ; en tout cas, chacun lui sacrifie sa vie. Pour les vrais catholiques, Dieu parlait par la bouche du Pape et ne pas obéir au pape, c’était s’excommunier aussitôt puisque Dieu voyait tout. Pour les consommateurs, le consumérisme s’exprime donc essentiellement (mais pas seulement) par la télévision. On pourrait donc justement parler de religion cathodique. La télévision est apparemment un instrument de loisir, auquel les occidentaux consacrent en moyenne quatre heures par jour. Effectivement, comme le disait Marx de la religion, la télévision est comme un opium pour le peuple: elle l’endort, elle le captive, elle l’abrutit. Chacun, devant son écran, est partagé entre le sentiment de béatitude et de tranquillité (les pires violences peuvent passer sur l’écran sans que la quiétude du spectateur soit en rien troublée) et le sentiment de passer à côté de sa vie, de perdre son temps, de se crétiniser.

Mais la télévision ne se contente pas de vous captiver, de vous endormir : elle vous pousse à l’action par le principe de la publicité. Il faudra tout à l’heure se lever du canapé pour aller remplir le frigo, et pour remplir le frigo il faudra de l’argent, il faudra aller le gagner. La télévision occupe le temps du loisir, mais elle pousse aussi à aller travailler. L’abrutissement causé par les programmes qui coulent comme une eau tiède est tout à coup rompu par le message publicitaire qui dit : « lève-toi et consomme! » Mais qu’est-ce qui pousse le téléspectateur couché à agir ? Ce qui le pousse à agir, c’est la promesse du Paradis. Sera-ce, comme dans la religion musulmane, un paradis après la mort, obtenu par des vertus morales ? Non, ce sera le Paradis d’après l’achat, obtenu par les dépenses d’argent.

On ne sait si le Paradis promis par les anciennes religions était véritable. Personne n’est revenu de l’au-delà pour nous renseigner. Mais le Paradis de la consommation, lui, s’il existe bien, est extrêmement volatil. Prenons un consommateur qui vient d’acheter un écran plat dernier modèle. Il a été convaincu par une publicité qu’il a vu, sur son ancien écran, que cet écran en question ne suffisait pas à son bonheur. En effet il était bombé, ou les coins étaient ronds, ou sa diagonale n’avait que 24 pouces, ou le pas de masque était trop faible, ou il ne permettait pas la vision 16/9ème ou… Bref, le voilà pourvu à grands frais d’un écran neuf superbe mais voilà-t-il pas qu’en allumant sa nouvelle télévision il se rend compte que tel autre fournisseur fait une promotion et qu’il ne pourra en profiter! Son bonheur est déjà un peu gâché. De toutes façons, une nouvelle trouvaille technologique va démoder ce nouvel écran sous peu et provoquer chez son propriétaire le début de frustration qui le poussera tôt ou tard à en changer de nouveau…

Car la religion consumériste est exigeante. Atteindre la perfection y est difficile. Celui qui possède un écran plat dernier cri n’a peut-être pas l’abonnement à Canal… Le conducteur de scooter projette d’acheter une moto, l’heureux propriétaire d’une Porsche, d’un 4X4 et d’une mini Cooper n’a pas de yacht… Le bonheur, le paradis, sont toujours pour demain.

De cette constante frustration se nourrit le Dieu consommation.

A lire
Beigbeder 99 francs
Rolland Barthe : Mythologies

samedi 3 novembre 2007

trop de richesse tue la richesse

Dans l’Angleterre du milieu des années soixante, le jeune George Harrison avait écrit pour les Beatles une chanson intitulée Taxman (percepteur). Il décrivait ainsi le taux d’imposition de l’époque : "There’s one for you nineteen for me" le percepteur prenait donc aux malheureux Beatles les 19 vingtièmes de leurs revenus. C’était peut-être un peu excessif en effet et on sait que « trop d’impôt tue l’impôt ».

Aujourd’hui tout a bien changé et M. McCartney est une des plus grosses fortunes d'Angleterre. La nouvelle question pertinente, c'est : à partir de quel taux d’accaparement la richesse des uns nuit à l’existence des autres ? Quand M. Darty se fait naturaliser belge et emporte sa fortune personnelle en Belgique à l’abri du fisc, qui pourrait le lui reprocher ? (voir ici) C’est son argent privé, mon petit bonhomme !
Grand bien lui fasse, et je ne suis pas client de Darty, de toutes façons.

Quand tel despote Africain possède dans un compte en suisse 9 milliards de dollars, et que la dette de son pays s’élève comme par hasard à 9 milliards, ainsi que le rapporte Jean Ziegler, rapporteur spécial de l’ONU, dans son ouvrage Les Nouveaux maîtres du monde il y a lieu de se poser des questions sur les limites de la propriété privée.

Mais lorsque on apprend (par le magazine Challenge, voir ici) que la fortune personnelle du patron de LVMH s’élève à 23 milliards d'€,
celle du patron d'Auchan à 17 milliards d'€,
celle de la propriétaire du groupe l'Oréal à 15 milliards,
celle du Pdg de PPR à 10 milliards,
celle d’un des nouveaux actionnaires d'Arcelor-Mittal à près de 9 milliards
celle du Pdg du groupe Dassault à 7,3 milliards,
celle enfin de M. Bolloré du groupe éponyme de transport et de média à 4,3 milliards, n’est-on pas fondé à se demander à partir de quel moment la possession individuelle excessive met en péril la survie collective ?

S’il est insupportable (pour qui?) que certains bénéficient de régimes spéciaux de retraite, est-il plus tolérable qu’une poignée d’individus possèdent personnellement davantage à eux seuls que l’ensemble des ouvriers et employés de leur propre pays ? Quelle démocratie pourrait survivre à une telle accumulation de richesses dans si peu de mains ?

vendredi 2 novembre 2007

Le plus grand bourreau de l'histoire est mort.

Le misérable qui fut chargé de larguer la bombe atomique sur Hiroshima vient de mourir. Il est mort paisiblement à l'âge avancé de 92 ans sans avoir jamais eu (à ce qu'il a déclaré) ni le moindre remord ni bien évidemment la moindre convocation devant un tribunal pour répondre de cet acte... Il a même quitté l'armée avec le grade de général!

Quelles qu'en aient été les raisons, les bombardements d'Hiroshima et de Nagazaki furent des actes de terrorisme. Les historiens discuteront si ce furent les pires de l'histoire. Le président Truman porte, je suppose, la responsabilité morale de cet acte inhumain : le pilote n'en était certes que l'exécutant. Mais au final il a exécuté personnellement 120 000 personnes dont une grande majorité de femmes, de vieillards et d'enfants, dont beaucoup ont subi d'atroces souffrances.

Un regret n'aurait pas suffi ; un suicide? peut-être.

jeudi 1 novembre 2007

Garez vos sous!

Quoi qu'en pensent les syndicalistes, les augmentations de salaire ne sont pas à l'ordre du jour! Le facteur en retraite, ce nanti, ce parasite, gagne 1100 euros mensuels, même après décote.

Un RMIste encombre le hall de tel bureau, il est venu se mettre à l'abri des premières rigueurs de la mauvaise saison. Il faut préparer sa retraite et la bourse, c'est risqué. Du coup on se rabat sur la pierre, une valeur sure. Ceci explique un peu la montée des prix et le RMI étant pour un célibataire d'environ 450 euros, on voit mal comment il pourrait se loger dans nos villes...

Cependant un RMIste en France est mieux loti qu'un fonctionnaire roumain... une professeur de français se contente là-bas de 320 Euros mensuels. En Roumanie se loger est moins onéreux qu'en France, mais 320 Euros, c'est quand même trop peu, et elle habite donc chez ses parents. Si tout va bien elle y habitera jusqu'à... leur mort, après elle prendra plus petit... à moins que ses enfants habitent avec elle. Elle vient en France parfaire sa formation -à ses frais- et nous conter combien nous sommes favorisés. Elle s'étonne que certains payent un cher loyer quand leur grand-mère, veuve, habite seule une grande maison à la campagne.

Qu'elle se méfie, une fois en France, du numéro qu'elle compose au téléphone. Le 118, par exemple, peut se révéler douloureux : 6 euros pour 40 secondes de communication, testé pour vous... à ce tarif-là, sa paie mensuelle serait dépensée en... 35 minutes! Ben mon colon, heureusement qu'on a supprimé le 12 et que grâce à la sage gestion privée et la saine concurrence les prix baissent!