lundi 30 avril 2007

Cerné par l'UMP

Dans mon quotidien régional, voici quelques temps je tombe sur une photo de mon dentiste... Il a des responsabilités à l'UMP, il en pince pour les joyeuses idées de Chirac, Raffarin, Sellière, Sarkozy et c. Sur le coup, j'étais estomaqué. Ce type si sympa que je connais depuis des années, si compétent, si travailleur, qui sortait à sept heures tous les soirs, comment avait-il trouvé le temps de se pousser dans un parti, et dans un des pires?
Je décidai de changer de dentiste, mais ceux à qui j'en ai parlé m'ont dit qu'il ne fallait pas tenir compte des opinions politiques, que ce serait du sectarisme.
Certes je peux comprendre qu'un dentiste, vu les tarifs qu'il pratique, soit tenté de voter pour les représentants d'un parti qui veut diminuer les impôts et les aides sociales... C'est sûr qu'un dentiste qui travaille risque plus de payer l'ISF que de toucher le RMI... De là à prendre sa carte... de là à militer! Enfin...

Voilà que ma femme reçoit une bonne amie à elle et son époux, le brave type sympa, un peu m'as-tu vu, un peu flambeur, mais sans excès, cadre dans une banque... je le connais depuis longtemps, il ne m'a jamais caché ses sympathies pour Chirac. Mais voilà qu'au détour d'une phrase il m'apprend qu'il a pris sa carte à l'UMP et qu'il a voté pour Sarkozy lors des primaires de son parti. Les bras m'en tombent! J'ai personnellement des sympathies plutôt à gauche, de là à m'encarter...

Au passage ce garçon m'apprend que Sarkozy était seul à se présenter. Drôle de conception de la démocratie, ça ne m'étonne pas au demeurant : les extrêmes se rejoignent et Sarkozy n'est pas si éloigné qu'on pourrait le croire de Brejnev... Bref je fais une sortie à ma femme, quels sont les "fachos" qui fréquentent la maison et a-t-on idée de nourrir des amis de ce genre, sachant que ma femme est employée et moi fonctionnaire de base!
Mais ma femme me dit qu'il ne faut pas se fâcher avec tout le monde, que Sarkozy ne dit pas que des bêtises... Certes, comme il dit lundi une chose et mardi le contraire, il lui arrive certainement d'avoir raison. Pour un peu j'aurais dû le remercier pour les améliorations apportées à nos statuts par ses acolytes.

Pour finir, voilà qu'un type avec qui on avait sympathisé, avec qui nous faisions des gueuletons arrosés me téléphone : "Ah! les sondages donnent Sarkozy vainqueur: il va les mettre au pas, les bougnoules. Les quoi? Pour refroidir son enthousiasme, je lui ai dit que Sarkozy était ministre de l'intérieur depuis quelques temps et qu'il n'avait mis au pas personne. Mais il m'a répondu, imperturbable, qu'il n'avait pas les mains libres.

Personnellement, je suis issu d'un milieu assez modeste et j'ai eu les oreilles rebattues de"bougnoule" et de "fainéant de fonctionnaire" à tous les repas depuis des années. Ce qu'il y a de bien avec le bon peuple, c'est qu'il ne camoufle pas ses opinions. Là où les gens distingués parlent d'immigration choisie, eux parlent de "mettre au pas les bougnoules" et de "renvoyer chez eux les bicots" (qui pour la plupart sont nés en France, mais bon, leur peau n'est pas de la bonne couleur).

Comme je faisais part à ma femme de mon ennui d'avoir à supporter de nouveau l'habituel discours raciste que j'avais subi des années étant jeune, elle me fit une scène, comme si c'était de ma faute.

Le discours raciste progresse à grands pas, les sympathisants d'un parti de plus en plus extrémiste sont de plus en plus nombreux. On est cerné par les fachos... Franchement, je ne suis pas tranquille.
Ces gens-là sont des cons ou des barbares. Qui les rend cons? Pour moi, c'est TF1, et la télé en général. Qui les rend barbares? Leur éducation lamentable, leur instruction insuffisante, et leurs difficultés quotidiennes (qu'il ne faut pas exagérer : dans l'ensemble, peu de sympathisants UMP sont à la rue).

Ce qui est dégueulasse, c'est l'exploitation de la connerie populaire pour faire passer des lois qui écraseront encore plus les petits. Le petit "blanc" au bas de l'échelle est ravi de voir les étrangers pris pour cible... Il se sent comme grandi... Mais les lois qui vont passer l'assommeront autant que les étrangers, et même davantage, car l'étranger trouve un peu de réconfort et d'aide dans sa communauté. Les immigrés sont obligés de se serrer les coudes face à l'adversité.

Alors que dans la France d'en bas, on ne pense qu'à critiquer son voisin. Le smicard en veut au RMiste, le retraité râle après la jeunesse, le salarié se plaint des vieux... Aucune solidarité et pendant ce temps qui s'engraisse? tous les gros bourgeois dans leur yachts...

vendredi 27 avril 2007

Oui M. Sarkozy, les français espèrent le changement

M. Sarkozy a déclaré ce jour : "Les Français n'ont pas peur du changement, ils l'espèrent."

Oui M. Sarkozy, moi, qui suis français autant qu'on le peut, et davantage que vous excusez du peu, j'espère le changement.

Vous êtes le ministre de l'intérieur du gouvernement sortant. Votre parti règne sans partage sur le pays depuis cinq ans, nous en avons assez de votre ton agressif, de votre arrogance, de vos mensonges, nous en avons assez de vos rappels à l'ordre qui provoquent le désordre, nous en avons assez de vos réformes qui aggravent les problèmes, nous en avons assez de votre soutien inconditionnel aux riches et de vos sempiternels appels à la lutte de tous contre tous.

Nous voulons que cessent la grande braderie du service public, que cessent les privatisations qui nous privent de ce que nous possédons. Arrêtez de vendre le pays à des intérêts privés qui ne connaissent qu'une patrie : leur compte en banque.

"La France, tu l'aimes ou tu la quittes" dîtes-vous. Eh bien M. Sarkozy, aimez la France telle qu'elle est ou quittez-là.

dimanche 22 avril 2007

soirée des élections présidentielles

Que retenir de ce dimanche? D'abord le discours rassurant de Ségolène Royal qui a fermement condamné la vision ultralibérale de la société, celle de la raison du plus fort, de la concurrence de tous contre chacun... On attendait un tel discours.

Ce qui est inquiétant, c'est qu'une personne sur trois se soit déplacée pour voter pour M. Sarkozy.

Au diable le droit du travail et les acquis sociaux
Comment l'expliquer? M. Sarkozy est le candidat du MEDEF et des riches. Il n'aura de cesse que de supprimer les impôts, c'est à dire d'augmenter les revenus de ceux qui, déjà ont presque tout. Les plus forts doivent pouvoir exploiter les plus faibles sans entraves (au diable le droit du travail et les acquis sociaux!). Il représente la droite "décomplexée"(comme il dit), qui n'a plus honte d'être avide, xénophobe, agressive.

A la boxe il supprimerait les catégories.

Il prétend avoir le culte du mérite mais veut diminuer les frais de succession. Dommage... de la sorte il ôte aux filles et aux fils de riches l'occasion de montrer leur mérite.

M. Sarkozy s'exprime de manière énergique, c'est ce qui, en lui, plaît. Souvent il devient même franchement agressif. Il faut visionner, entre autres, cette vidéo où il s'en prend au journaliste J. J. Bourdin de RMC (pas franchement un gauchiste pourtant) de manière extrêmement véhémente...

On constate que M. Le Pen n'a obtenu que dix pour cent des voix. Ce recul pourrait être encourageant, mais il est à craindre que les votants se soient simplement déplacés sur M. Sarkozy qui a emprunté au chef du Front National le fond et la forme.

les maîtres à penser de M. Sarkozy
Certains se laissent aller à dénigrer les étrangers (qui font des gosses pour les allocations), les RMistes et les chômeurs (qui profitent du système et qui sont bien tranquilles avec leur 300 Euros mensuels pendant que nous on bosse et en plus ils travaillent au noir! et c...) et les fonctionnaires ces incompétents privilégiés, ces nantis qui n'en branlent pas une! Après ça on allume une clope et vas-y Roger, remets-nous un ballon de rouge.

Voilà les maîtres à penser de M. Sarkozy. Lui qui vient de Neuilly et d'une famille on ne peut plus bourgeoise n'a pas hésité à avaler un dictionnaire du français populaire. Après les dérapages verbaux "karcher" et "racaille", verra-t-on arriver "bougnoule" et "fainéant"?

Le danger, c'est qu'à encourager la xénophobie et à monter les gens les uns contre les autres on favorise plutôt le désordre. M. Sarkozy a ainsi déclenché lui-même les pires émeutes depuis des décennies en France. Bien entendu, la vindicte populaire a condamné les agissements des jeunes irresponsables. Mais est-ce responsable d'aller provoquer dans les cités les victimes mêmes d'un système dont on est le principal défenseur?

Pour un peu M. Sarkozy se prétendrait né dans la rue. Figurez-vous qu'il a dû lutter pour s'imposer! Il n'a pourtant guère de mérite d'avoir été élu par les militants de l'UMP, Étant seul candidat. Pour un partisan de la libre concurrence, ça la fout plutôt mal.

S'il flatte les plus mauvais penchants du peuple (c'est à dire de nous tous), lui-même surveille ses fréquentations et tandis que son frère Guillaume a de hautes responsabilités au MEDEF, Nicolas fréquente la haute société. On dit que M. Martin bouygues est le parrain de son fils... C'est bien utile d'avoir pour ami intime un grand patron de presse. Au quotidien, quand les électeurs seront de retour du bistrot où ils ont vomi leur ressentiment contre les étrangers, les chômeurs et les fonctionnaires, ils pourront constater sur TF1 combien ils ont raison.

Un démagogue, un arriviste et un agitateur
Il reste à espérer que suffisamment de Françaises et de Français se rendent compte, ainsi que l'a dit justement Ségolène Royal dans son discours, qu'on n'arrive à rien de bon par de tels procédés. Il vaut mieux prévenir que guérir, et prévenir, c'est empêcher, autant que faire se peut, que les plus forts écrasent les faibles. Un chef d’État doit garantir la cohésion et la paix sociale, M. Sarkozy a amplement prouvé qu'il en est incapable, et plus, qu'il est lui-même, par ses rodomontades creuses un facteur de désordre.

Notre droit, c'est de vivre tous dans la dignité. Notre devoir, au second tour, sera d'écarter un démagogue, un arriviste et un agitateur du pouvoir.

jeudi 12 avril 2007

sens interdit

Les collections publiques se sont récemment enrichies du chef d'oeuvre d'un dénommé Raynaud. La revue où je lis cet entrefilet ne donne pas le prénom de ce type ultra célèbre, (il ne s'agit pas, comme je l'ai cru d'abord, de notre Fernand) mais fournit une description de l’œuvre, pardon, du travâââil en question.

Il s'agit d'un panneau de circulation banal, monté sur un vulgaire bâton. N'essayez pas de faire ça chez vous, si vous n'êtes pas artiste patenté : les communes sont assez chatouilleuses en ce qui concerne le mobilier urbain... vous écoperiez d'une amende.

Donc cette œuvre extraordinaire - ce "travail qui veut dire quelque chose"- inspirée je suppose par Marcel Duchamp (comme la plupart des œuvres originales depuis environ le déclin de l'art abstrait) et qui est formidable au niveau de la démarche vient d'être achetée par l'état. L'état, c'est à dire nous tous, qui payons des impôts, et même ceux qui n'en payent pas, puisque cet argent, au lieu de leur revenir, va aller enrichir quelque chien de commissaire (priseur).

On a les moyens ou on ne les a pas : ce panneau emmanché d'une gaule a valu à son vendeur un chèque d'un montant de 40 000 Euros. Mais rassurez-vous, nous n'avons pas fait un mauvais placement. Peu de temps auparavant, un particulier avait proposé plus de 90 000 Euros pour la même œuvre... je veux dire le même travail. L'état a fait jouer ce qu'on appelle le "droit de préemption", qui lui permet de récupérer le panneau à un prix raisonnable : économiser 50 000 Euros, ce qui n'est pas rien par les temps qui courent.

J'avoue honteusement qu'avant cet épisode j'ignorais tout de ce Raynaud (dont le prénom, renseignement pris est Jean-Pierre) ce qui montre mon immense inculture. Que vais-je conclure d'autre de tout cela? (je me concentre).

D'abord, que l'état a plus de ressources qu'il ne le dit.

Ensuite que certains particuliers sont prêts à signer un chèque de 90 000 Euros (15 ans de RMI) pour posséder un panneau de circulation signé d'un nom illustre. Il faut être le dernier des crétins pour dépenser une telle somme pour un seul panneau, qui plus est un panneau de sens interdit. Certains panneaux sont plus jolis, comme par exemple celui de la route glissante ou du passage de bestiaux. Pour le même prix, il aurait pu se payer toute la collection et décorer tout le château dans le même goût.

90 000 Euros, c'est pourtant peu de chose. Un tableau de Gustav Klimmt vient d'être vendu 135 million de dollars. Vous pouvez en trouver le puzzle métallisé pour 49, 99 Euros.