samedi 21 février 2015

Vive le quad bon sang!



J’ai toujours rêvé de sortir de devant Pernod/Drucker le dimanche et d’aller m’éclater dans la nature ! Le sport, on a beau dire, c'est la santé. C’est décidé j’achète un quad ! C’est pas le choix qui manque ! Du quad d’occase un peu naze à 250€ au quad utilitaire de luxe à 5000€. Ah ! C’est chouette, je vais déjà passer quelques après-midi en zone indus avant d’aller creuser des ornières dans les sous-bois. Faut choisir le petit bijou, mais c’est pas tout, faut s’équiper… de belles bottes de 100 à 300€ (ou plus pour les passionnés) le casque, comptez 50 à 100€ c’est pratiquement donné ! la combi en plastique… non, en sublimé graphique (meuh ouais !)  Ben t’en a pas pour 50 € ! le pantalon en nylon ? Allez mets 75€ et c’est marre… manque que les gants 20-25€ et te voilà beau. Pour 400€ à peine te voilà le sosie d’Armstrong (le cosmonaute, ou le cycliste, comme tu veux)… Te reste plus qu’à passer à la pompe (du sans plomb 95, ça va très bien) et te voilà prêt à aller pétarader dans les chemins, y a rien de plus marrant.

Un loisir vert
Ouais, mais je me suis vite rendu compte que dans ce pays, la liberté, c’est plus ça du tout. Faut voir la tronche des ringards qui promènent leurs gosses au milieu des flaques quand on arrive, la visière mouchetée, tous décibels dehors. Parce qu’il faut dire, quand tu pratiques tranquillement ce loisir vert, tu te rends vite compte que les gens sont intolérants… sous prétexte qu’on pue un peu, les voilà qui nous regardent de travers. Ben oui les écolos, les gaz d’échappements, on les parfume pas à la rose – mais l’odeur du fumier, c’est mieux peut-être ?
Il paraît aussi qu’on fait du bruit. Pas tant que ça, pas tant que ça, et d’ailleurs les pétarades de nos moteurs bien huilés, c’est la moitié du plaisir, quand on veut bien les écouter, ces sons peuvent être harmonieux ! (si !, si !) D’ailleurs, si on avait des moteurs silencieux, ces râleurs de buveurs de tisane nous entendraient pas arriver et se plaindraient qu’on est dangereux ! Sont jamais content, les khmers verts.

facteurs de croissance
Le pire, c’est que de plus en plus de chemins sont interdits aux quads, sous prétexte qu’on entraine un peu de boue sur nos pneus. Tu parles ! Qu’est-ce que c’est que cette dictature? Est-ce qu’on se plaint, nous autres, de ces ramasseurs de champignons le cul en l’air  qui circulent sans tenue jaune fluo ces inconscients qu’on les voit qu’au dernier moment? On se distrait, y a pas de mal à ça ! Est-ce que je les empêche de faire de la peinture à l’huile ou de collectionner les timbres, moi ? Notez que nous, les amateurs de quads, nous sommes de bons consommateurs, on fait marcher le commerce, on est des facteurs de croissance. C’est un peu grâce à nous qu’on résorbera le chômage !

Alors poupoune les randonneurs avec vos pataugas. On a autant le droit de profiter de la nature que vous !

dimanche 7 décembre 2014

Clemenceau et Gouttebel

Décidément, nous avons en Auvergne une gauche bien singulière... Après le maire de Clermont-Ferrand, M. Bianchi, qui, dans la petite revue financée par la publicité Zap, avoue s'amuser beaucoup avec des jeux de guerre violents, s'identifie à une grosse brute (Obélix...) affiche ses dépendances au tabac et à l'alcool et reconnaît son admiration pour l'empire États-unien, voici Jean-Yves Gouttebel, radical de gauche et président du conseil général du Puy-de-Dôme, qui dans la même revue déclare hautement son admiration pour... Georges Clemenceau!
Parmi ses essentiels, il  a "Une biographie de Georges Clemenceau, sans lequel nous aurions perdu la grande guerre et qui fut l'un des plus grands républicains, éclairé, cultivé et déterminé."
Georges Clemenceau a été député radical  et depuis l'an passé il est vrai M. Gouttebel est passé du PS au PRG, d'où le choix de cette biographie.


Mais Monsieur Gouttebel, il faut cesser de considérer les guerres comme des parties de ballon rond. Des millions de jeunes gens sont morts entre 1914 et 1918, des millions de familles ont été brisées de ce côté-ci du Rhin et de l'autre. En 1914 après des années de propagande éhontée, orchestrée par des militaires désireux d'avancer dans leur carrière, par des nationalistes avides de repousser les frontières, par des industriels en recherche de débouchés pour leurs productions, et aussi par des politiciens carriéristes et sans scrupules tels que Georges Clemenceau, de jeunes allemands de chair et des français de sang à peine sortis de l'adolescence se sont jetés les uns sur les autres pour s'étriper en pure perte. Certes l'Alsace a "rejoint le giron de la France", mais a-t-on jamais demandé aux Alsaciens s'ils voulaient être Français et à quel prix? Rappelons que l'Alsace, pour avoir l'insigne honneur de devenir française a été annexée militairement par Louis XIV contre lequel elle a essayé (bien vainement) de se défendre.
Anatole France a écrit :  "on croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels" Mais la patrie et les industriels, c'est une seule et même chose. La patrie, c'est un concept spécialement forgé ou du moins spécialement exhumé et mis en avant par la propagande pour préparer la guerre. La Patrie, ce sont ces "pères" symboliques et indignes qui, dans cette guerre, ont sacrifié leurs fils sur l'autel d'idées répugnantes que tout le monde aujourd'hui condamne hautement. D'ailleurs au final personne (a part peut-être la mort ) n'a gagné cette guerre.
Clemenceau "sans lequel nous aurions perdu la grande guerre? Non, "nous" qui vivons aujourd'hui n'avons ni perdu ni gagné cette guerre, nous n'étions pas nés et d'ailleurs qui voudra s'identifier à Nivelle, Joffre, à Pétain, ou même à Clemenceau? Pas moi,  je leur préfère Jaurès, qui pensait que cette guerre n'était pas une bonne idée. Quelle clairvoyance! mais à cause d'elle il a été assassiné, et son meurtrier acquitté, ce qui donne bien le ton d'une époque sans foi ni loi. Même d'un point de vue strictement tactique et en faisant abstraction de l'aspect immoral du sacrifice

de jeunes gens pour des conquêtes territoriales ou une prééminence de quelque ordre qu'elle soit, cette guerre a été perdue par tous ses belligérants.
A cause de cette guerre, la France et l'Allemagne se sont affaiblies et ont laissé le champ libre aux États-Unis. La défaite de l'Allemagne a  jeté les Allemands dans les bras de Hitler et préparé de nouvelles horreurs. Par bonheur "nous" qui vivons aujourd'hui n'y sommes pour rien, et ne sommes pas obligés de prendre parti pour ou contre l'Allemagne (pays avec lequel, signalons-le au passage, nous sommes censés ne plus avoir de frontières)...

samedi 9 août 2014

Les socialistes sont-ils encore sociaux?


Sur France culture «l’atelier du politique» une émission consacrée à la gauche avec trois invités dont Noël Mamère. La question est : « Peut-on gouverner à gauche ? » ce qui semblait alléchant, mais les invités s’en sont tenus à des généralités, pour ne pas dire des banalités sans aucun intérêt. On n’a à aucun moment défini ce que serait une politique de gauche et Gérard Grunberg  (directeur de recherche à Sciences Po et spécialiste du PS) a passé son temps à faire le reproche à la Gauche française de ne pas avoir renoncé au marxisme comme l’a fait la gauche anglaise. C’est vrai que si la gauche était capitaliste, ça réduirait sérieusement les clivages idéologiques… Mais concrètement, en Grande-Bretagne, le bilan social de Tony Blair est-il plus reluisant que celui de Mitterrand ou de Jospin, ou même de Hollande ? Je n’en suis pas convaincu mais de toute façon, il n’en a pas été question et je crois bien que le mot « social » n’a pas été prononcé. Noël Mamère était d’accord avec lui, ce qui m’a laissé un peu rêveur, d’ailleurs, il a semblé regretter d’avoir à s’allier avec la gauche, il est écologiste, lui, avant tout, comme il l’a précisé, et les alliances qu’il passe, si j’ai bien compris, sont uniquement à but électoral.
On n’apprendra pas grand-chose sur ce que serait gouverner à gauche, et pas plus sur la possibilité qu’il y a de le faire dans le contexte actuel de mondialisation. Il y aurait eu matière à parler de la souveraineté nationale dans le contexte Européen, de la difficulté de concilier l’intérêt économique des grands groupes capitalistes et de leurs groupes de pression avec l’application des décisions du peuple, mais non. En matière politique, les émissions manquent vraiment d’intérêt, même si chacun y ménage soigneusement les siens.
On sait qu’en France, l’opinion publique est très sérieusement fâchée contre l’actuel président, alors qu’au Brésil, à ce qu’on dit, le président Lula a eu 80% de satisfaits – et pourtant, il était socialiste… explication de Gaspard Estrada (analyste politique à l'OPALC) : Lula a permis à sa population particulièrement le Nordeste de sortir de la pauvreté. Ils commencent à pouvoir, explique-t-il, s’acheter « la télévision et le lave-linge ». On voit le fossé qui peut exister entre une population qui aspire à atteindre les minimaux de la civilisation moderne et nous, qui sommes tentés quotidiennement par la publicité de faire l’acquisition de gadgets superfétatoires. Jamais un ministre socialiste ne pourra nous satisfaire avec des promesses aussi sommaires que la télévision (nous la regardons quatre heures par jour, ce qui selon toutes les études (voir Michel Desmurget) nous abrutit) et le lave-linge (nous l’avons déjà, sans parler du sèche-linge, du lave-vaisselle, du four à micro-ondes, de l'ordinateur, du téléphone portable, que sais-je ?)
Les Brésiliens, les Chinois, les Indiens achètent en masse ce dont nous sommes déjà pourvus… On n’a aucune chance, dans ces conditions, d’atteindre leurs taux de croissance et pas plus leurs taux de satisfaction. Nous sommes gavés, au point que nous avons même des écologistes qui prônent la modération (ce n’est pas, je crois, le cas de Noël Mamère, qui lui veille scrupuleusement à être réélu).
Le malheur, c’est que notre gauche n’est pas assez conservatrice. Tous les acquis sociaux qu’elle devrait défendre : les retraites, la sécurité sociale, le droit des salariés, et c. elle ne les défend pas particulièrement, elle lâche du lest face aux demandes des capitalistes. Ces derniers ont besoin de rentabilité pour leurs placements. Au nom de la « compétitivité » on va « assouplir » le droit du travail, ce qui va entraîner des risques pour les salariés. Au-delà de l’accès aux biens de consommation, n’est-ce pas le rôle de la gauche de veiller à ce que les intérêts des puissants n’empiètent pas sur les conditions de vie des citoyens de base ?
Aucun mot là-dessus de de nos prétendus « spécialistes ».

lundi 4 août 2014

Pourquoi le public pense que Messi ne méritait pas le titre de meilleur joueur du Mondial 2014.

Au lendemain de la finale, gagnée par l'Allemagne, un immense mouvement de protestation s'est élevé contre la décision de la FIFA de donner à Lionel Messi le ballon d'or, le titre de meilleur joueur de la coupe du Monde. Les journalistes, le public et même le président de la FIFA lui-même se sont "étonnés" de voir le prodige argentin récompensé.

Or est-ce tellement surprenant? L'Argentine s'est certes inclinée en finale face à l'Allemagne, mais elle n'a été menée qu'une fois à la marque, et durant à peine cinq minutes, de toute la durée de la compétition. Quoi que l'on pense de la tactique choisie par son entraîneur Alejandro Sabella  et de ses conséquences sur la beauté du spectacle, l'Argentine est une équipe remarquable et Lionel Messi est le joueur clé de cette équipe, de l'avis au moins de ses co-équipiers et de son entraîneur.

Un joueur phare
Au premier tour, Messi a été le joueur phare de l'équipe.
Contre la Bosnie, il marque le but de la victoire, c'est même lui qui tire le coup franc qui entraîne le but contre son camp des Bosniens.
Contre l'Iran, il expédie un ballon parfait dans le petit filet à la toute fin d'une partie jusqu'alors stérile.
Contre le Nigéria, il marque deux fois avant d'être sorti par Sabella, alors qu'il visait évidemment le "triplé en coupe du monde".
Contre la Suisse, en quart, dans un match fermé et tout aussi stérile, il adresse à la 118ème minute une passe décisive à Di Maria. Jusqu'alors, il est indiscutablement le meilleur joueur de la coupe du monde, l'homme du match de tous les matchs qu'il a joué.

Messi a-t-il démérité?
Il est vrai qu'ensuite Messi ne marque plus. Depuis le début de la compétition, et exception faite du match contre le Nigéria, sans enjeu, le jeu de l'Argentine est ultra-défensif, il s'agit avant tout de ne pas perdre, on n'attaque jamais à plus de deux ou trois. Dans ces conditions, il faut un miracle pour marquer et Messi a quand même quatre miracles à son actif.
Contre la Belgique, le but de la victoire est marqué par Higuain, sur une récupération chanceuse.
Contre la Hollande, qui a brillé jusqu'alors, même type de match. En face il y a Robben, le fameux Robben, qui court très vite, Robben qui plonge très opportunément. Mais Robben, lui ne fait de miracles. Au tirs au but, Messi tire le premier, comme le chef de file de l'équipe qu'il est, et marque sans trembler. L'Argentine se qualifie, malgré le si grand Robben, en qui d'aucuns auraient voulu voir le meilleur joueur de la coupe du monde, parce qu'il a humilié une défense espagnole en déliquescence.
En finale, on a à peu près le même scenario, avec des défenses rugueuses, un jeu terriblement fermé, même si l'Allemagne est peut-être un tantinet plus offensive que les Pays-Bas. Le seul à ressortir de cette bataille de tranchées, c'est Götze, qui, entré à la fin du temps réglementaire, réussit un enchaînement parfait à la 117e et donne la victoire aux Allemands.
L'Argentine était à cinq minutes de disputer la coupe du monde aux tirs au but. Messi a-t-il démérité?

un scandale?
Comment expliquer l'unanime surprise du public, et sa protestation générale,  alors que Messi a été exemplaire tout au long de cette coupe du monde, qu'il a gagné à lui seul quatre, voire cinq des matches de son équipe, que si il n'est pas le meilleur, il est surement le moins mauvais joueur de cette coupe du monde. Il aurait, selon certains, fallu récompenser Neuer, mais Neuer a déjà le prix du meilleur gardien... d'autres pensent que James Rodriguez méritait la récompense. Mais James est éliminé en quarts (et contre le Brésil, ce qui par la suite ne va guère être une référence). D'ailleurs James Rodriguez est déjà meilleur buteur de la coupe du monde, il se passera bien d'un titre de meilleur joueur qu'il mérite autant, mais pas plus que Messi
Pourtant un sondage donne 93% d'internautes qui pensent que Messi ne méritait pas sa récompense. On va même jusqu'à raconter que c'est le sponsor qui a décidé du choix (comme s'il suffisait d'être sponsorisé par une marque de godasses -comme le sont tous les joueurs- pour être désigné ballon d'or!) Certains voient là une insulte au football, d'autres un scandale, d'autres encore une machination; tous sont outrés de voir Messi récompensé. Il suffit de jeter un œil aux commentaires sur les sites spécialisés. Par exemple, il est dit ici qu'Higuain a sauvé sa coupe du Monde en marquant contre la Belgique, mais ici et là, on raconte que Messi, lui, qui a marqué quatre fois et fait une passe décisive, a raté sa coupe du monde. On lui reproche de marcher sur le terrain - oui, mais il marque presque tous les buts de l'équipe!- Certains soi-disant spécialistes vont chanter que Di Maria, en bout de course et bientôt blessé, a été meilleur que lui, (il court, lui, il fait des kilomètres) ou que Mascherano méritait plus que lui le titre. Mais Mascherano, s'il a été exemplaire, a-t-il cinq fois de suite fait gagner son équipe?

Comment expliquer cette vindicte populaire?
C'est que le public ne compare pas, comme l'a certainement fait le jury de la FIFA, Messi aux autres joueurs, non, le public compare le vrai Messi, un être humain, à celui qu'il est censé être, une machine à marquer et à donner la victoire à son équipe. S'il ne passe pas en revue la défense avant de crucifier le gardien, on pense tous qu'il a raté sa compétition. Messi aurait dû, pour rester à son niveau, faire ce qu'a fait Mario Götze... seulement Götze, lui, est rentré à la 89e, il avait toute sa lucidité.


des perdants magnifiques
Certes, il aurait peut-être été plus juste de récompenser un joueur Allemand, puisque les Allemands ont gagné. Mais justement, les Allemands sont champions du monde, et pour la quatrième fois encore. Ils n'ont pas du tout besoin de ce genre de lot de consolation (et d'ailleurs, ils ont le trophée du meilleur gardien, que personnellement j'aurais plutôt donné à Ochoa, pourquoi pas?) En 2010, Forlan avait été récompensé, en 2006 Zidane : des perdants magnifiques, comme Lionel Messi.

On peut toujours discuter le choix de tel ou tel pour telle ou telle récompense, mais l'unanime protestation contre la nomination de Messi à un titre qui est notoirement un lot de consolation (Messi aurait mille fois préféré soulever la coupe, et être jugé le maillon faible de l'équipe) montre l'incroyable investissement du public sur ce joueur qui a beaucoup de mal a rester à la hauteur de sa réputation. Eut-il continué à marquer des buts miraculeux dans les arrêts de jeu qu'on aurait trouvé ça normal. Messi s'est épuisé les années précédentes à poursuivre des records impossibles qu'il a d'ailleurs battus, désormais on attend de lui qu'il soit toujours à ce niveau, or il est allé tellement haut (qu'on pense par exemple qu'il a marqué successivement et d'affilée contre toutes les équipes du championnat d'Espagne) il est monté si haut qu'il ne peut que descendre; il nous a tant étonné qu'il ne peut plus que nous décevoir.

mardi 13 mai 2014

Les passions suspectes d'Olivier Bianchi, maire de Clermont-Ferrand

Une expression dit je crois : Le diable est dans les détails. Olivier Bianchi, nouveau maire de Clermont-Ferrand, a livré à Zap, magazine publicitaire gratuit bien connu dans l’agglomération, ses "essentiels". C'est un petit jeu bien codifié, on montre des objets qui évoquent la personnalité, mais les objets sélectionnés par Olivier Bianchi sont un peu étonnants, décevants, et même inquiétants pour une personnalité de son rang.

D'abord, l'écharpe de maire, c'est un peu facile, s'agissant d'un maire récemment élu, on dira que ça manque au moins un peu de recherche et rappelle inutilement son rang. Ensuite une figurine représentant Obélix, le personnage de BD bien connu, avec ce commentaire "mon animal totem" Remarquons au passage qu'Obélix n'est pas un animal. Certes, on comprend qu'Olivier Bianchi, étant quelque peu corpulent, s'identifie à ce personnage. Le problème c'est qu'Obélix est une brute sans cervelle, qui frappe d'abord et réfléchit ensuite : voilà un totem bien inquiétant pour un maire supposé "ouvert et de progrès".
Ensuite vient le téléphone portable, mais pas n'importe lequel : un "B***" "pour tweeter et rester connecté" commente le politicien. Bon, on voit mal un homme public se passer de portable, mais justement, n'est-ce pas là un objet un peu trop attendu? et puis on aurait pu éviter de citer une marque.
Puis Bianchi a choisi un stylo, "pour les centaines de signatures". Nouveau manque d'originalité - qui n'a pas un stylo? On dira que c'est un signe de simplicité et on le félicitera cette fois de ne pas avoir cité de marque.
Vient ensuite la pipe, "un vice" commente-t-il. Franchement, sans parler de la vulgaire connotation sexuelle de cet objet, en tant que représentant du peuple, il aurait pu jeter un voile pudique sur ce "vice" qui coûte la vie à 60 000 personnes chaque année dans notre pays, ou mieux peut-être, y renoncer. Mais ce n'est pas le dernier, malheureusement.

un atlantiste va-t-en-guerre
Vient ensuite un film intitulé "The Civil War" de Ken Burns. L'homme s'intéresse à l'histoire, c'est bien, mais le mot "war" apparaissant sur la photo en gros au dessus d'un militaire américain évoque un atlantiste va-t-en-guerre... mauvaise impression. D'autant que la photo suivante représente "Mes wargames" deux jeux vidéos stratégiques, certes, mais bien deux jeux de guerre, en anglais bien sûr : "Napoleonic Battles" avec ce commentaire désastreux : "Mon jardin secret. Pour me détendre au sein des clubs Américains et Français sur internet. Une petite famille de wargamers : 500 personnes dans le monde." Notre maire, non content d'avoir pour totem une brute de guerrier Gaulois, de regarder des films de guerre, a pour "jardin secret" un jeu vidéo de guerre, élitiste de surcroit (500 personnes, un nombre qui renvoie malencontreusement aux 500 familles privilégiées auxquelles la gauche, quand elle était encore la gauche, voulait arracher ses privilèges pour les rendre au peuple ) et là encore les joueurs avec qui il partage à distance cette funeste passion sont américains!
L'objet final est un nécessaire à Ti Punch une simple planche en matière indéterminée avec dessus un citron vert et un couteau. On finit sur une note désastreuse, laissant supposer que le maire s'adonne régulièrement à la boisson, et le couteau pointu en bas à droite, position statégique s'il en est, parachève l'impression d'avoir affaire à une personne agressive.

Je suppose que M. Bianchi a des conseillers en communication. Si le but de ce petit article était de le faire passer pour une grosse brute sans cervelle, admirateur inconditionnel des États-Unis et passionné par la guerre, l'alcool et le tabac, c'est parfaitement réussi.

vendredi 9 mai 2014

Podcast, podcasting et autres raretés.

Depuis quelques temps déjà je suis étonné d'entendre à la radio, surtout sur France Culture d'ailleurs, ce mot bizarre que les médias nous imposent parmi tant d'autres : podcast, avec son dérivé podcasting. C'est un des mots les plus barbares qui soient, y compris dans la langue de Shakespeare.

Il a été formé à partir de "i-pod" "baladeur" et de broadcast "émission". Notons d'abord qu'en perdant son "broad", "cast" ne veut plus rien dire du tout, ou veut dire n'importe quoi, ce qui revient au même. Quant à I-pod, c'est un mot absolument abscons sorti de l'imagination délirante de quelque génie de la publicité de la société d'informatique "Apple" désignant ces petits appareils qui permettent d'écouter de la musique partout où l'on se trouve, moyennant une batterie et des écouteurs en état de fonctionnement. Autrefois, on appelait ça un walkman mot assez crétin aussi et d'ailleurs complètement sorti de l'usage. On avait trouvé pour le remplacer un terme français, baladeur, qui valait ce qu'il valait. Walkman comme baladeur avaient tout de même un avantage, celui d'avoir un vague sens, et de ne pas renvoyer à une marque commerciale... i pod ne signifie rien, et appartient à la société Apple! Pod, veut dire "vaisseau" en anglais, on voit mal le rapport avec le baladeur en question... 

Un podcast, en français, ce serait donc une "émission destinée aux baladeurs (de chez "Apple"?)". Les autorités de la langue du Canada ont d'ailleurs inventé le mot "baladodiffusion": ils se fatiguent bien pour pas grand chose. Car en pratique, un "podcast" n'est ni plus ni moins qu'un fichier informatique qu'on peut télécharger sur le site de telle ou telle émission. Le mot n'a aucune utilité, et la chose qu'il désigne non plus : une fois téléchargé, le fichier-son peut être écouté sur n'importe quel support, et pas seulement sur un "i pod". Ah, j'oubliais, on peut "s'abonner au podcast" c'est à dire se faire envoyer l'émission sur le support de son choix. Si j'ai bien compris! car personne n'explique jamais rien, vous êtes toujours censé être au courant des dernières inventions et expressions farfelues dont les sociétés à but très lucratif font la promotion.

Que France Culture fasse elle-même cette promotion, en utilisant un mot d'origine anglaise atroce, et évoquant une marque commerciale, et de plus complètement inutile est tout de même surprenant.
Et qu'on n'aille pas me raconter que ce mot est entré dans l'usage, personne ne sait ce qu'il signifie!

vendredi 14 mars 2014

Le printemps sur la province

Sous le ciel bleu d'Auvergne je marche sous l'astre souverain autour de la butte volcanique pleine de reflets et d'ombres ;  en contrebas la ville se vautre dans une mare de brume blanche comme une grosse bête sur la pelisse de laquelle irait et viendrait une kyrielle de parasites. Leur rumeur amoindrie parvient jusqu'à moi : en tendant l'oreille on pourrait entendre tousser les asthmatiques. Les amandiers, forsythias et prunus  fleurissent, étonnés ; Hélios réchauffe mes vieux os et derrière leur haie de thuya taillés à la règle des canidés de race saluent mon passage. Dans l'air doux de la province endormie résonnent les appareils à moteur électriques et à essence, les bagnoles puissantes et rutilantes me frôlent sans ralentir ; une dame descend de son gros quat'quat' le pain à la main, elle vient de la boulangerie distante de deux-cent vingt cinq mètres et tortille son cul moulé dans un jean trop étroit de deux tailles jusqu'à sa coquette maisonnette de banlieue.
On est bien, il fait doux, je vais sortir quelques pots de la remise et ça suffira pour ce matin. A la radio ils ont conseillé d'éviter les efforts. Pas bon pour la croissance tout ça!

lundi 10 mars 2014

Le mystère des audience de la télé

 Plus de 7 millions de personnes, soit un français sur dix ont regardé hier soir comme un seul homme Die Hard 4 (Retour en enfer) ce chef-d’œuvre proposé par TF1... ça pose des questions sur l'indépendance d'esprit du français moyen...
Comment expliquer rationnellement qu'un nombre aussi important de personnes, qui ne s'étaient évidemment pas concertées auparavant se soient retrouvées toutes ensemble au même moment pour regarder le même film?
Ce n'est pas comme si nous étions au temps de l'ORTF avec un unique programme pour tout le monde. Aujourd'hui non seulement la plupart des gens ont beaucoup de chaînes à leur disposition, mais ils sont dans leur grande majorité équipés d'ordinateurs, de lecteurs DVD, VOD, j'en passe et des meilleurs, ils peuvent regarder à peu près ce qui les chante quand et où ça les chante... eh bien non! Ils regardent Die Hard 4 le jour où TF1 a décidé de le programmer.
Ce n'est pas comme si  Die Hard 4 était une nouveauté très attendue, le film est sorti en 2007.
Je n'ai pas entendu dire non plus que Die Hard 4 soit considéré comme un chef d’œuvre à ne manquer sous aucun prétexte... d'ailleurs France 2 a capté près de 5 million de personnes pour  les Femmes du 6e étage, ce qui est tout aussi étonnant, quand on y songe, bien que ce film soit nettement plus récent (2011).
En tout, vingt millions de personnes, soit le tiers de la population française était répartie sur sept programmes. A croire qu'on les a hypnotisés.


dimanche 23 février 2014

Les crétins analphabètes

On est le 23 février et c'est le printemps! Il fait bon, le soleil brille, les bulbes éclosent, les arbustes fleurissent... Quand on pense que dans le temps les vieux paysans racontaient que le progrès allait nous "bousiller le climat"! Ah! ah! ah! Les crétins analphabètes!

vendredi 21 février 2014

Auteure? non, autrice!

La fausse monnaie chasse la bonne c'est bien connu.

Une mode venue du Canada s'est répandue avec un bel enthousiasme ; elle entend "féminiser" les noms de métier en ajoutant un "e" à la fin. D'abord, c'est une belle tartufferie, puisque ce "e" ne s'entend pas la plupart du temps, rien n'est vraiment "féminisé"...
Ensuite, le "e" ne fait pas le féminin ou alors maire et peintre sont des féminins, qu'il faudrait peut-être masculiniser en mair ou peintr ?

Ce qui est terrible, c'est que cette faute de français quasi institutionnalisée vient souvent concurrencer des formes existantes, ainsi, le féminin de sculpteur pouvait déjà être sculpteuse ou mieux sculptrice et voilà qu'on lui ajoute un sculpteure dont on n'avait vraiment pas besoin.
Autrefois, les femmes ne vivaient pas leur propre  vie professionnelle. La femme du maire était ou est encore parfois appelée la mairesse. Rien n'empêche qu'on nomme de la sorte une dame devenue maire elle-même... c'est déjà le cas dans l'usage, je vous l'assure. On dira que c'est un usage familier ou péjoratif... ce qui était péjoratif hier sera mélioratif demain...  Personne ne s'est jamais plaint d'être appelé déesse, alors pourquoi pas mairesse?

On refuse professeuse? Au nom de quoi professeure vaudrait-il mieux? On a bien meneuse (de revue par exemple) repasseuse, masseuse, et c... Ce qui vaut pour l'une ne serait pas assez bon pour l'autre?
Veut-on féminiser auteur on a la forme autrice... le mot institutrice a eu une assez belle vie bien qu'objectivement il ne soit pas parmi les plus beaux vocables de la langue française. Et autrice vaut cent fois auteure.

Cette forme en -eur +e est un pur barbarisme sans aucune utilité.

mardi 7 janvier 2014

L’inénarrable machine à suer.

Ils vont dans une salle de sport courir sur un tapis roulant, si possible en vitrine, pour que tous les passants voient bien combien ils sont atteints.
Courir pour courir, juste pour se maintenir en forme, c'est déjà assez bête : les occasions de faire de l'exercice ne manquent pas, suffit de laisser la voiture au garage. Mais au moins, le coureur dehors n'a pas besoin de machine pour courir, pas besoin d'un moteur et d'énergie pour gaspiller sa propre énergie...
En salle de sport, ils utilisent une machine dans le seul but de faire des efforts ... alors que faire des efforts, sans machine, est une pure nécessité, alors que la machine a été inventée justement pour éviter les efforts!
L'abîme de la bétise humaine est insondable...

mercredi 1 janvier 2014

Une bonne quenelle de nouvel an de la part de François Hollande

Amis gauchistes, fascistes et les autres, spectateurs, auditeurs, lecteurs de tous les médias, rappelez-vous une bonne chose : on paie trop d'impôts, il y a trop de fonctionnaires et trop de charges pèsent sur nos entreprises.
C'est le B-A BA de l'économie ça.

Le chef de l'état - qui, soit dit en passant s'appelle Hollande... qu'il retourne dans son pays, la Hollande - le chef de l'état dis-je, nous a mis une bonne quenelle d'économie libérale lors de ses vœux de nouvel an. Il augmente la TVA. D'autre part, il prévoit de baisser les impôts, parce qu'on en paie trop, à ce qu'il a dit. Voilà le socialisme d'aujourd'hui : on fait payer davantage les démunis (ceux qui vont en baver en payant plus de TVA) , et on pleure sur le sort des riches (ceux qui paient trop d'impôt, quoi que de moins en moins depuis que Sarkozy en a fait changer les tranches sans parler des niches à n'en plus finir (des niches pour les riches)).

Bref, Hollande nous en glisse une grosse... ceux qui ne sont pas contents il ne leur reste plus qu'à voter pour la bleue Marine ou pour Mélanchon, (non, pas pour lui, c'est un stalinien).  Mais ne descendez pas dans la rue, c'est plein de bleus.
Quand à ce sinistre Dieudonné, il faut le bruler en place publique, avec retransmission en direct sur TF1 - comme tout ce qui est important en ce monde : le loto et Euro-million.